L'évaluation des actifs immobiliers consiste à déterminer, selon des méthodes et des référentiels normés, la valeur des immeubles détenus par une organisation : sièges et sites d'exploitation, immeubles de placement, portefeuilles, actifs logés dans des véhicules (SCI, SCPI, OPCI, foncières). Trois méthodes structurent la pratique : la comparaison directe (les prix effectivement payés pour des actifs équivalents), la capitalisation du revenu (le loyer net converti en capital par un taux de rendement de marché) et l'actualisation des flux de trésorerie — le DCF — pour les actifs à revenus non linéaires ou détenus en stratégie longue.
Ce qui distingue l'évaluation d'actifs de l'estimation courante, c'est son cadre : le Red Book RICS et les normes internationales IVS définissent les bases de valeur (valeur de marché, juste valeur, valeur d'utilité), les exigences d'indépendance et le format du rapport ; côté comptable, la juste valeur des immeubles de placement et les tests de dépréciation s'appuient précisément sur ces travaux — l'évaluateur produit une matière directement auditable par les commissaires aux comptes. S'y ajoute désormais la couche ESG — énergétique, environnementale et réglementaire — (obligations de réduction des consommations tertiaires, trajectoires de rénovation), qui pèse matériellement sur les valeurs et que le rapport doit intégrer.
Pour un dirigeant ou une direction immobilière, l'évaluation d'actifs répond à des questions concrètes : que vaut réellement notre patrimoine au bilan ? Que céder, conserver, restructurer ? Quelle valeur retenir dans une cession d'entreprise, un apport, une restructuration de dette ? Notre pilier valeur vénale détaille la notion de base ; cette page couvre sa mise en œuvre à l'échelle de l'entreprise et du portefeuille.
Le profil du détenteur change aussi la lecture de la valeur. Un investisseur « core » — fonds de pension, assureur, institutionnel averse au risque — recherche des revenus sécurisés sur la durée et regarde d'abord la signature des locataires, la durée ferme des baux et la vacance structurelle ; un investisseur « value-added » achète un potentiel de création de valeur et raisonne en scénarios de travaux, de relocation et de sortie. L'expertise doit restituer les deux lectures : la valeur d'un même actif ne se démontre pas de la même façon selon le mandat de celui qui le détient.
S'y ajoutent les obligations propres à chaque véhicule : une société cotée sous régime SIIC — tenue de distribuer l'essentiel de ses résultats et plus-values — fait expertiser son patrimoine selon le cadre de référence issu du rapport Barthès de Ruyter, avec expertise complète périodique et actualisations annuelles ; les entreprises d'assurance et les mutuelles font évaluer leurs placements immobiliers selon un cycle réglementé de cinq ans, ouvert par une évaluation avec visite puis actualisé chaque année, sous le regard de l'ACPR.