Lorsqu'un propriétaire est concerné par une procédure d'expropriation, de préemption ou de délaissement, il se retrouve dans une situation asymétrique face à la puissance publique. L'expropriant — État, collectivité territoriale, établissement public d'aménagement — dispose de ses propres évaluations, souvent réalisées par France Domaine, et propose une indemnité sur cette base. Le propriétaire doit être en mesure de faire valoir ses droits avec des éléments d'évaluation de même niveau technique.
Le principe constitutionnel de l'indemnité juste et préalable, posé par l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et repris à l'article L.321-1 du Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, garantit au propriétaire une réparation intégrale de son préjudice. Cela couvre la valeur vénale du bien (indemnité principale) mais aussi un ensemble d'indemnités accessoires destinées à replacer le propriétaire dans une situation économique équivalente à celle qui précédait l'expropriation.
Un rapport d'expertise indépendant, établi selon les normes RICS et la Charte de l'Expertise en Évaluation Immobilière, permet de chiffrer précisément l'ensemble des indemnités dues : valeur vénale à la date de référence, indemnité de remploi, indemnité pour trouble commercial, dépréciation du surplus en cas d'expropriation partielle. Ce rapport est la pièce maîtresse de la négociation amiable et, en cas d'échec, de la procédure devant le juge de l'expropriation.