L'expertise foncière détermine la valeur d'un terrain — à bâtir, agricole, naturel, ou support d'un projet — dans un rapport motivé et opposable. Sa spécificité tient en une phrase : la valeur d'un foncier n'est pas dans ce qu'il est, mais dans ce qu'il permet. Deux parcelles voisines de même surface peuvent valoir du simple au centuple selon leur classement au plan local d'urbanisme, leurs droits à construire, leurs servitudes et leur constructibilité réelle (accès, réseaux, géotechnique, risques).
L'analyse juridique et réglementaire précède donc toujours le chiffrage : zonage et règlement du PLU, surface de plancher constructible, servitudes publiques et privées, état des risques, régime applicable (urbain, agricole avec ses régimes propres — statut du fermage, droit de préemption des SAFER —, naturel). C'est ce socle qui détermine la méthode : un terrain à bâtir en secteur pavillonnaire s'évalue par comparaison directe (prix au mètre carré de terrains équivalents) ; un foncier de promotion s'évalue par le bilan promoteur — le fameux « compte à rebours » ; un foncier agricole par les références des marchés ruraux ; une friche ou un immeuble à redévelopper par une combinaison des deux, coûts de dépollution et de démolition déduits.
Le bilan promoteur mérite un mot : il reconstitue ce qu'un opérateur peut payer le terrain en partant du chiffre d'affaires prévisionnel du projet (les surfaces à construire au prix de sortie), dont il déduit coûts de construction, frais, taxes et marge — le solde est la charge foncière admissible. Cette notion centrale de l'aménagement fait l'objet d'une page dédiée : charge foncière : définition, calcul et expertise. Notre guide de l'expertise immobilière replace l'ensemble dans le cadre général de la profession.