La valeur vénale est le prix auquel un bien immobilier pourrait raisonnablement être vendu, à une date donnée, sur un marché libre, entre un vendeur disposé à vendre et un acquéreur disposé à acheter, tous deux correctement informés et agissant sans contrainte, après une durée de commercialisation normale. En droit fiscal français, cette notion est posée par l'article 683 du Code général des impôts, qui assoit les droits de mutation sur la « valeur vénale réelle » des biens. Dans les référentiels professionnels internationaux, elle correspond à la Market Value du Red Book RICS et des normes IVS.
Trois conditions cumulatives structurent cette définition. Un marché réel d'abord, où l'offre et la demande peuvent jouer normalement. Des parties non contraintes ensuite : un vendeur qui n'est pas forcé de céder dans l'urgence, un acquéreur qui n'est pas captif de la transaction. Une information mutuelle suffisante enfin, portant sur les caractéristiques juridiques, techniques et locatives du bien. La doctrine fiscale, précisée par le BOFiP au fil des décisions de la Cour de cassation et du Conseil d'État, ajoute une exigence déterminante : la valeur vénale s'apprécie à la date du fait générateur — le décès pour une succession, l'acte pour une donation, le 1er janvier de l'année d'imposition pour l'IFI — et non à la date à laquelle l'expertise est réalisée.
Les référentiels professionnels convergent vers la même définition de la valeur vénale. La Charte de l'expertise en évaluation immobilière, commune aux organisations professionnelles françaises, retient le montant estimé pour lequel un bien devrait s'échanger, à la date de l'évaluation, entre un vendeur et un acquéreur consentants, dans le cadre d'une transaction équilibrée conclue après une commercialisation adéquate. Le Red Book RICS et les International Valuation Standards adoptent une formulation strictement équivalente sous le terme de valeur de marché. Cette convergence garantit qu'un rapport conforme à ces standards est lisible et recevable par une banque française comme par un investisseur international.
Une conséquence pratique doit être soulignée : la valeur vénale n'est ni un prix affiché, ni une fourchette de négociation, ni une moyenne statistique au mètre carré. C'est une conclusion de mission, datée, argumentée et documentée, qui engage la responsabilité professionnelle de l'expert qui la signe. Dans un contexte fiscal, judiciaire ou bancaire, elle constitue la seule référence recevable. Notre guide de l'expertise immobilière replace cette notion parmi l'ensemble des valeurs utilisées par la profession.