Réal Group
SERVICE EXPERTISE

Indemnité d'éviction : définition, calcul et expertise

  • Article L145-14
  • Refus de renouvellement
  • Fonds transférable ou non
  • Indemnités accessoires
  • Rapport opposable

L'indemnité d'éviction est la somme que le bailleur doit verser au locataire commercial lorsqu'il refuse de renouveler le bail sans motif légal d'exclusion. Cabinet d'expertise indépendant certifié RICS, nous la chiffrons dans un rapport argumenté et opposable — côté bailleur comme côté locataire, en amiable comme au contentieux — partout en France.

Le Duff
Covivio
Harmonie Mutuelle
Keys
UCANSS
Groupama GE
Restaurants du Coeur
Compagnons du Devoir
SNCF
La Poste Immobilier
Renault
Mutuelle de Poitiers Assurances
Mutualia
MNH
Bordeaux Métropole
MGEN
SCET
Les Mousquetaires
Crédit Agricole
Duclot
inCité
Essorr
CA Indosuez
Finances publiques
Groupama Centre Manche
DÉFINITION

Qu'est-ce que l'indemnité d'éviction ?

L'indemnité d'éviction est la contrepartie financière que le bailleur doit verser au locataire commercial lorsqu'il refuse de renouveler le bail à son expiration, sans pouvoir invoquer l'un des motifs d'exclusion prévus par la loi. Son fondement est l'article L145-14 du Code de commerce, qui pose une règle simple dans son principe et redoutable dans son application : l'indemnité doit être égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement. Aucun barème, aucun forfait — le montant résulte d'une évaluation au cas par cas, qui tient compte de la nature du fonds, de sa valeur, de son emplacement et des circonstances propres à l'éviction.

Cette indemnité protège ce que le statut des baux commerciaux appelle la propriété commerciale : un commerçant ou un artisan attache à son local sa clientèle, ses investissements et son activité. L'en priver sans compensation reviendrait à confisquer la valeur qu'il a créée. L'indemnité d'éviction ne se confond ni avec le droit au bail — valeur patrimoniale du bail en cours, que le locataire peut céder —, ni avec l'indemnité d'occupation, somme que le locataire évincé verse au bailleur pendant la période où il se maintient dans les lieux.

Ce maintien dans les lieux est d'ailleurs l'un des points les plus mal connus du dispositif : en application de l'article L145-28 du Code de commerce, le locataire évincé a le droit de rester dans les locaux jusqu'au paiement effectif de l'indemnité. Pendant cette période, il ne verse plus le loyer conventionnel mais une indemnité d'occupation, généralement fixée à la valeur locative du local. Pour le bailleur, refuser un renouvellement sans avoir mesuré le coût réel de l'éviction peut donc se révéler une décision très onéreuse — et longue à dénouer.

L'enjeu financier est souvent considérable : selon la transférabilité du fonds, l'indemnité peut représenter plusieurs années de chiffre d'affaires. C'est pourquoi son chiffrage est l'un des exercices les plus techniques de l'expertise commerciale, au croisement de l'évaluation de fonds de commerce, de la valeur locative et de l'analyse de l'emplacement. Notre guide de l'expertise immobilière replace cette mission parmi celles de la profession.

Engagements professionnels

Une expertise reconnue par les institutions qui font la profession

Real Group est membre des trois institutions de référence de l'expertise en évaluation immobilière, en France et à l'international. Pour nos clients, cette appartenance est un gage concret : des rapports reconnus par les banques, opposables aux juridictions, et alignés sur les meilleures pratiques mondiales.

RICS

Royal Institution of Chartered Surveyors

La référence mondiale de l'expertise immobilière depuis 1868, présente dans 146 pays. Être régulé par la RICS, c'est s'engager sur ses standards éthiques et méthodologiques : un cadre exigeant qui rend nos rapports immédiatement reconnus par les banques, les institutions financières et les juridictions, en France comme à l'international.

Référence internationale

IFEI

Institut Français de l'Expertise Immobilière

Depuis 1979, l'IFEI fédère les experts français les plus exigeants et pilote la Charte de l'Expertise en évaluation immobilière, référentiel partagé par toute la profession. Notre adhésion à l'IFEI traduit l'engagement de Real Group dans la production active des standards qui régissent notre métier en France.

Standards français

CEIF

Chambre des Experts Immobiliers de France

La CEIF rassemble les experts immobiliers indépendants attachés à une déontologie stricte et à une formation continue rigoureuse. Real Group y adhère pour garantir aux donneurs d'ordre la rigueur, l'indépendance et la transparence qui font la valeur d'une expertise opposable et la réputation de la profession.

Indépendance & déontologie
PARLONS DE VOTRE BESOIN

Présentez votre projet

Partagez votre contexte, le bien concerné et votre échéance. Nous revenons vers vous rapidement avec le bon niveau de cadrage.

Ce que nous clarifions avec vous

Nature du bien, contexte d'intervention (succession, IFI, vente, financement, litige), usage du rapport et délai attendu : nous cadrons les bons paramètres avant de vous orienter.

  • Cabinet indépendant depuis 2011 et certifié RICS.
  • Acteurs privés, institutionnels, bancaires et judiciaires.
  • Devis gratuit sous 24h avec interlocuteur dédié.
  • Intervention dans toute la France, en visio et sur site.
Nos appartenances
Chambre des Experts Immobiliers de France Royal Institution of Chartered Surveyors Institut Français de l'Expertise Immobilière Groupe ABC

Besoin d'un échange direct ? Notre équipe vous répond, où que se situe votre bien en France, au 05 56 81 66 30.

Parler à un expert

Réponse sous 24h par un interlocuteur dédié

Sans engagement · Réponse sous 24h

Guillaume Thériez
L'expert de référence

Guillaume Thériez

Président de Réal Group Administrateur du Groupe ABC

Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.

Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.

Appartenance, diplôme & enseignement
  • DU Expertise Judiciaire - Université de Bordeaux, Faculté de droit et science politique
  • Membre de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS)
  • Membre de l’Institut Français de l’Expertise Immobilière (IFEI)
  • Membre de la Chambre des Experts FNAIM (CEIF)
  • Enseignant Économie immobilière au CNAM Nouvelle-Aquitaine ICH Bordeaux
QUAND EST-ELLE DUE ?

Indemnité d'éviction : quand elle est due — et quand elle ne l'est pas

Le principe est le droit au renouvellement ; l'éviction indemnisée est l'exception payante, et l'éviction sans indemnité l'exception strictement encadrée par l'article L145-17 du Code de commerce.

Congé avec refus de renouvellement

Le bailleur qui délivre un congé sans offre de renouvellement — signifié par acte de commissaire de justice — doit en principe l'indemnité d'éviction. Le refus opposé à une demande de renouvellement formée par le locataire produit le même effet. Dans les deux cas, le chiffrage du préjudice devient le cœur du dossier.

Motif grave et légitime : pas d'indemnité

Le bailleur échappe à l'indemnité s'il établit un motif grave et légitime à l'encontre du locataire : inexécution caractérisée des obligations du bail — loyers impayés, activité non autorisée par la destination, défaut d'exploitation. Les tribunaux l'interprètent strictement : un grief approximatif ou mal documenté sera requalifié, et l'indemnité remise à la charge du bailleur.

Démolition, reconstruction, insalubrité

L'article L145-17 permet aussi de refuser le renouvellement sans indemnité pour reprendre des locaux insalubres ou destinés à être démolis et reconstruits, dans les conditions légales — qui incluent selon les cas un droit de priorité du locataire sur les locaux reconstruits. Là encore, l'exception est d'interprétation stricte.

Le droit de repentir du bailleur

Face à un chiffrage supérieur à ses prévisions, le bailleur peut renoncer à l'éviction : c'est le droit de repentir de l'article L145-58 du Code de commerce, exerçable jusqu'à quinze jours après que la décision fixant l'indemnité est devenue définitive — à condition que le locataire soit encore dans les lieux et ne se soit pas déjà réinstallé ailleurs. Le bail est alors renouvelé, et l'indemnité n'est plus due.

Le maintien dans les lieux

Tant que l'indemnité n'est pas payée, le locataire peut rester (article L145-28) en versant une indemnité d'occupation fixée à la valeur locative. Ce mécanisme rééquilibre la négociation : le bailleur pressé de récupérer ses locaux a intérêt à un chiffrage rapide et sérieux.

Le délai pour agir : deux ans

Les actions du statut des baux commerciaux se prescrivent par deux ans (article L145-60 du Code de commerce). Le locataire qui conteste un congé ou réclame son indemnité, comme le bailleur qui conteste le principe même de l'indemnité, doivent agir dans ce délai — qui court en principe à compter du congé ou du refus de renouvellement.

L'INDEMNITÉ PRINCIPALE

Remplacement ou perte du fonds : la question qui commande tout le calcul

Avant tout chiffrage, l'expert tranche une question : la clientèle suivra-t-elle le commerçant dans d'autres locaux ? De la réponse dépend la nature — et l'ordre de grandeur — de l'indemnité principale.

La transférabilité du fonds

Un fonds est transférable si l'activité peut se poursuivre dans un autre local sans perte substantielle de clientèle — enseigne connue, clientèle de destination, zone de chalandise large. Il ne l'est pas quand la clientèle est indissociable de l'emplacement : restaurant de quartier, commerce de flux dont la valeur tient à l'adresse. Cette qualification s'objective par l'analyse de l'activité, de la clientèle, de l'ancienneté et de la zone — pas par l'intuition. C'est le premier point que les parties contestent, car tout en découle.

Fonds transférable : l'indemnité de remplacement

L'indemnité principale correspond alors au coût de réinstallation du fonds dans un local équivalent : valeur du droit au bail ou pas-de-porte d'un local comparable dans la même zone de chalandise, augmentée des frais inhérents au transfert. On raisonne sur la continuité de l'exploitation — ce qui conduit généralement à une indemnité plus faible que la perte totale du fonds.

Fonds non transférable : la perte du fonds

Si la clientèle ne suivra pas, le préjudice est la disparition du fonds lui-même. L'indemnité principale correspond à sa valeur marchande à la date de l'éviction, déterminée par les méthodes habituelles d'évaluation des fonds de commerce : pourcentage du chiffre d'affaires selon les usages sectoriels, capitalisation du résultat, transactions comparables. La valeur du droit au bail constitue en pratique un plancher : l'indemnité ne peut être inférieure à ce que vaut le bail lui-même.

L'écart entre les deux qualifications se chiffre souvent en années de chiffre d'affaires. Mécaniquement, le locataire plaide la non-transférabilité et le bailleur la transférabilité : l'expert n'est pas là pour arbitrer entre deux postures, mais pour établir la réalité économique du fonds sur des données vérifiables — c'est ce qui rend son rapport utile aux deux parties comme au juge.

LES ACCESSOIRES

Les indemnités accessoires : les postes qui complètent le préjudice

L'article L145-14 couvre le préjudice entier : au-delà de l'indemnité principale, chaque poste de perte réelle se chiffre — sur justificatifs. Un poste surévalué sera réduit ; un poste omis est perdu.

Frais de déménagement

Transfert du mobilier, du matériel et des stocks vers les nouveaux locaux ou un lieu de stockage. Poste propre aux fonds transférables, chiffré sur devis et factures.

Frais de réinstallation

Travaux d'aménagement du nouveau local, mise aux normes, signalétique, dépôt de garantie, droits d'entrée. Retenus à hauteur de ce qui est strictement nécessaire pour rétablir des conditions d'exploitation équivalentes.

Trouble commercial

Perte de marge subie pendant l'interruption ou la perturbation de l'activité liée au transfert. Il se calcule sur la durée réelle et prévisible de la perturbation, à partir des données comptables — pas de projections hypothétiques.

Perte de clientèle résiduelle

Même transféré, un fonds peut perdre la fraction de clientèle attachée à l'ancien emplacement. Ce poste ne se cumule pas avec ce que l'indemnité principale a déjà réparé : l'expert veille au non-double comptage.

Licenciements et coûts sociaux

Si des salariés ne peuvent être réemployés dans le nouveau local, les indemnités de licenciement s'ajoutent au préjudice, calculées sur justificatifs RH et conventions collectives.

Frais divers justifiés

Garde-meubles temporaire, honoraires et droits liés à la réinstallation, frais administratifs de transfert : tout poste réel, documenté et directement causé par l'éviction peut être intégré au chiffrage.

La force d'un dossier d'éviction tient moins aux grands principes qu'à la qualité des pièces : bilans et comptes de résultat sur trois à cinq exercices, bail et avenants, devis, factures, données de marché. C'est sur cette matière que l'expert construit un chiffrage qui résiste à la contradiction.

NOTRE MÉTHODE

Le chiffrage d'une indemnité d'éviction en 5 étapes

1

Qualification du fonds

Analyse de l'activité, de l'emplacement, de la clientèle, de l'ancienneté et des performances : le fonds est-il transférable sans perte substantielle de clientèle ? Cette qualification conditionne toute la suite du calcul

2

Évaluation de l'indemnité principale

Coût de remplacement pour un fonds transférable ; valeur marchande du fonds à la date de l'éviction pour un fonds qui ne l'est pas — par les méthodes sectorielles : pourcentage du chiffre d'affaires, capitalisation du résultat, transactions comparables, avec la valeur du droit au bail en plancher

3

Chiffrage des indemnités accessoires

Chaque poste — déménagement, réinstallation, trouble commercial, clientèle résiduelle, coûts sociaux — fait l'objet d'un calcul distinct, appuyé sur des justificatifs, en veillant aux doubles comptages avec l'indemnité principale

4

Contrôle de cohérence d'ensemble

Le total est confronté à la réalité économique de l'exploitation et aux données de marché : un montant disproportionné au regard de la valeur du fonds doit être justifié par des circonstances particulières, sinon il ne tiendra ni en négociation ni au contentieux

5

Rapport contradictoire et opposable

Rapport écrit, motivé et conforme au Red Book RICS et à la Charte de l'expertise en évaluation immobilière : support d'une négociation amiable, d'un mémoire, ou de dires adressés à l'expert judiciaire désigné par le tribunal

LES POINTS DE TENSION

Les cinq points qui font basculer un dossier d'éviction

La date de référence, d'abord : l'indemnité s'évalue à la date de l'éviction effective — le départ du locataire —, pas à celle du congé. Quand le locataire se maintient dans les lieux pendant des mois ou des années de procédure, les valeurs de marché évoluent, et ce décalage peut modifier sensiblement le chiffrage. Le périmètre du fonds, ensuite : éléments incorporels (clientèle, enseigne, droit au bail, contrats) et corporels (matériel, agencements) doivent être inventoriés précisément, sous peine d'oublis ou de doubles comptages.

La qualité des données comptables est le troisième point : l'évaluation repose sur les performances réelles de l'exploitation, et des exercices atypiques — crise sanitaire, travaux de voirie, fermeture exceptionnelle — appellent des retraitements méthodiques et transparents. Vient ensuite l'articulation avec le droit au bail : sa valeur peut être intégrée à celle du fonds ou traitée séparément ; l'expert doit expliciter la méthode retenue, car c'est un terrain classique de double comptage. Le trouble commercial, enfin, est le poste le plus souvent surestimé d'un côté et minoré de l'autre : seul un calcul assis sur la perte de marge réelle, documentée, tient la distance.

Sur chacun de ces points, la jurisprudence laisse aux juges du fond un pouvoir souverain d'appréciation — qu'ils exercent en s'appuyant très largement sur les conclusions de l'expert. Un rapport dont la qualification de transférabilité est argumentée, dont les références sont vérifiables et dont chaque poste est justifié pèse d'un poids déterminant, en négociation comme à l'audience. Notre page consacrée à l'expert judiciaire immobilier détaille le déroulement de ces procédures et la manière d'y défendre sa position.

BAILLEUR OU LOCATAIRE

Une expertise utile des deux côtés du bail

Côté bailleur, l'expertise intervient idéalement avant le congé : chiffrer l'éviction à l'avance, c'est décider en connaissance de cause — délivrer le congé, renégocier le bail, ou renoncer à un projet dont le coût réel dépasse le bénéfice attendu. Après coup, le droit de repentir offre une porte de sortie, mais dans des conditions étroites et des délais courts. Un chiffrage précoce évite aussi la spirale du maintien dans les lieux, où chaque mois de procédure se paie en incertitude.

Côté locataire, l'enjeu est de faire reconnaître le préjudice entier : qualification du fonds étayée, postes accessoires documentés, pièces comptables organisées. Un dossier construit tôt — dès la réception du congé — pèse sur la négociation et évite de découvrir au contentieux qu'un poste mal justifié a été perdu. Le rapport d'expertise sert alors de base de discussion, puis de support aux dires si un expert judiciaire est désigné.

Réal Group — Réal Valuation, cabinet indépendant fondé en 2011, certifié RICS et membre de la CEIF et de l'IFEI, intervient en expertise amiable comme en matière judiciaire, pour les bailleurs, les locataires, leurs avocats et leurs conseils. Le chiffrage mobilise nos compétences d'évaluation de fonds de commerce, de valeur locative et de droit au bail — et s'appuie, pour les locaux commerciaux, sur notre connaissance de terrain des marchés de commerce.

PARTOUT EN FRANCE

Un chiffrage d'indemnité d'éviction dans toute la France

VOS INTERLOCUTEURS

Une équipe disponible

Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.

Président — Expert immobilier RICS

Guillaume Thériez

Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.

Supervision et signature des rapports d'expertise Interlocuteur des dossiers judiciaires, bancaires et institutionnels
Expert immobilier

Amandine Charpentier

Amandine accompagne le pôle Expertise avec un profil juridique et immobilier solide, renforcé par une formation spécialisée en droit de l'immobilier et en estimations de biens, ainsi qu'une expérience acquise au sein de structures immobilières et du GIE Groupe ABC.

Qualification des besoins d'expertise et cadrage des premiers échanges Interface métier pour préparer le dossier et fluidifier le lancement de mission
Expert immobilier

Nathan Papot

Nathan accompagne le pôle Expertise dans l'analyse des dossiers, la structuration des informations marché et la préparation des éléments utiles aux missions d'évaluation menées par l'équipe.

Analyse immobilière et préparation des éléments d'étude Structuration des données utiles à la mission et appui aux dossiers d'expertise
Assistante de direction

Jihane Lamnaouer

Jihane pilote la coordination administrative, commerciale et comptable du service, tout en assurant la relation avec les prestataires et la bonne circulation des informations entre les équipes et les clients.

Suivi administratif et coordination opérationnelle des demandes Relation prestataires, organisation interne et fluidité du parcours client
VOS QUESTIONS

Questions sur l'indemnité d'éviction

C'est la somme que le bailleur doit verser au locataire commercial lorsqu'il refuse de renouveler le bail sans pouvoir invoquer l'un des motifs d'exclusion de l'article L145-17 du Code de commerce. Définie à l'article L145-14, elle doit être égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement : une indemnité principale — coût de remplacement du fonds ou valeur du fonds perdu — et des indemnités accessoires (déménagement, réinstallation, trouble commercial, coûts sociaux). Il n'existe ni barème ni forfait : le montant s'évalue au cas par cas.
Tout part de la qualification du fonds. S'il est transférable — la clientèle suivra dans d'autres locaux —, l'indemnité principale correspond au coût de réinstallation dans un local équivalent. S'il ne l'est pas, elle correspond à la valeur marchande du fonds à la date de l'éviction, déterminée par les méthodes sectorielles : pourcentage du chiffre d'affaires, capitalisation du résultat, transactions comparables, avec la valeur du droit au bail en plancher. S'y ajoutent les postes accessoires justifiés par pièces. Le chiffrage est réalisé par un expert indépendant, sur les données comptables réelles de l'exploitation.
L'article L145-17 du Code de commerce énumère les exceptions : motif grave et légitime à l'encontre du locataire — inexécution caractérisée du bail, loyers impayés, activité non autorisée —, reprise de locaux insalubres, ou démolition-reconstruction dans les conditions légales. Ces cas sont d'interprétation stricte par les tribunaux : un motif mal établi remet l'indemnité à la charge du bailleur. En dehors de ces hypothèses, le refus de renouvellement se paie.
Le droit au bail est la valeur patrimoniale du bail en cours : ce que vaut, sur le marché, le droit d'occuper le local aux conditions du bail — une valeur que le locataire peut céder. L'indemnité d'éviction est une indemnisation due par le bailleur qui refuse le renouvellement : elle répare la perte du fonds et des droits attachés à l'emplacement. Les deux notions s'articulent dans le calcul : la valeur du droit au bail sert souvent de plancher à l'indemnité, et l'expert doit expliciter sa méthode pour éviter tout double comptage.
C'est la somme que le locataire évincé verse au bailleur pendant la période où il se maintient dans les lieux, entre la fin du bail et le paiement effectif de l'indemnité d'éviction (article L145-28 du Code de commerce). Elle remplace le loyer et est généralement fixée à la valeur locative du local. Les deux indemnités coexistent en sens inverse : le locataire perçoit l'indemnité d'éviction et verse l'indemnité d'occupation.
Oui. L'article L145-28 du Code de commerce donne au locataire évincé le droit de se maintenir dans les lieux jusqu'au paiement effectif de l'indemnité d'éviction, moyennant une indemnité d'occupation. Ce droit rééquilibre le rapport de force : le bailleur ne récupère pas ses locaux tant que le préjudice n'est pas réglé — une raison de plus, pour lui, de faire chiffrer l'éviction sérieusement avant de délivrer congé.
Oui, par le droit de repentir de l'article L145-58 du Code de commerce : jusqu'à quinze jours après que la décision fixant l'indemnité est passée en force de chose jugée, le bailleur peut renoncer à l'éviction et offrir le renouvellement — à condition que le locataire soit encore dans les lieux et ne se soit pas déjà engagé pour un autre local. Le repentir est irrévocable : le bail reprend, l'indemnité n'est plus due. C'est l'issue classique d'un chiffrage qui dépasse les prévisions du bailleur.
Les actions relevant du statut des baux commerciaux se prescrivent par deux ans (article L145-60 du Code de commerce). Le délai court en principe à compter du congé ou du refus de renouvellement. Locataire comme bailleur ont donc intérêt à faire chiffrer le préjudice sans attendre : un dossier d'éviction se construit avec des pièces comptables à réunir, une qualification de fonds à étayer et, souvent, une négociation à mener avant toute assignation.
Prêt à démarrer ?

Un projet immobilier ?
Nos équipes vous accompagnent dans votre projet immobilier.

Transaction, investissement, gestion locative ou Expertise — nos consultants vous apportent une réponse claire et personnalisée sous 24h.

Téléphone
05 56 81 66 30
Adresse
40 cours de l'Intendance, Bordeaux (33)