Guillaume Thériez
Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.
Bailleur qui veut réajuster un loyer décroché du marché, preneur qui subit une hausse contestable : la révision du loyer d'un bail commercial obéit à des règles précises — et à une réalité que ce guide met au centre : celui qui gagne est celui qui prouve la valeur locative. Cabinet d'expertise certifié RICS, nous produisons cette preuve, partout en France.
Le loyer d'un bail commercial n'est pas figé pour neuf ans — mais il ne se révise pas librement non plus. Le statut des baux commerciaux organise trois mécanismes distincts, que bailleurs et preneurs confondent souvent. L'indexation annuelle, d'abord, si le bail contient une clause d'indexation : le loyer suit mécaniquement l'indice choisi (ILC pour les activités commerciales et artisanales, ILAT pour le tertiaire), sans intervention de personne. La révision triennale légale, ensuite (article L145-38 du Code de commerce) : tous les trois ans, bailleur ou preneur peut demander la révision du loyer — mais la variation est plafonnée à celle de l'indice, sauf preuve d'une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné, par elle-même, une variation de plus de 10 % de la valeur locative.
La révision liée à la clause d'échelle mobile, enfin (article L145-39) : lorsque le bail contient une telle clause, une révision judiciaire du loyer peut être demandée dès que le jeu de l'indexation a fait varier le loyer de plus d'un quart par rapport à sa dernière fixation — le juge ramène alors le loyer à la valeur locative. S'y ajoute le rendez-vous majeur de la vie du bail, qui n'est pas une « révision » au sens strict : la fixation du loyer du bail renouvelé, avec sa propre mécanique de plafonnement et de déplafonnement, que nous détaillons dans notre guide du déplafonnement du loyer commercial.
Le fil rouge de tous ces mécanismes est le même : la valeur locative de l'article L145-33 — le loyer que le local produirait sur le marché libre, apprécié selon cinq critères légaux. Qu'il s'agisse de dépasser le plafond indiciaire, de contester une demande de révision ou de ramener un loyer sur-indexé à la réalité du marché, tout se joue sur la capacité à la démontrer. C'est l'objet de notre pilier valeur locative commerciale — et de la mission d'expertise qui va avec.
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Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.
Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.
L'article L145-38 est ouvert aux deux parties — mais son maniement est plus subtil que sa réputation.
Bailleur comme preneur, à l'expiration de chaque période triennale — le point de départ courant à la prise d'effet du bail ou à la dernière fixation du loyer. La demande se notifie par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec accusé de réception, en précisant le loyer demandé : c'est cette date qui fixe le point de départ du nouveau loyer.
En principe, la révision ne peut excéder la variation de l'ILC ou de l'ILAT depuis la dernière fixation. Un loyer très en dessous du marché ne remonte donc pas à la valeur locative par simple révision triennale — c'est la déception classique des bailleurs, et la raison pour laquelle le rendez-vous du renouvellement se prépare des années à l'avance.
Le plafond saute si une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité a entraîné par elle-même une variation de plus de 10 % de la valeur locative — tramway ouvert, polarité commerciale transformée, piétonisation. Double preuve à apporter : la modification ET son effet chiffré sur la valeur locative. Autant dire : un travail d'expert.
Le mécanisme joue dans les deux sens : un preneur dont le quartier s'est dégradé, ou dont le loyer sur-indexé a décroché du marché (via la clause d'échelle mobile et l'article L145-39), peut demander la baisse. Là encore, la demande ne vaut que ce que vaut la démonstration de la valeur locative réelle.
En cas de désaccord persistant, le litige relève du juge des loyers commerciaux — le président du tribunal judiciaire ou son délégataire — après un échange de mémoires obligatoire (articles R145-23 et suivants). Le juge désigne le plus souvent un expert. Mieux vaut arriver à ce stade avec son propre rapport qu'avec une conviction.
Les règles ci-dessus tiennent en deux articles de code ; n'importe quel conseil les récite. Ce qui départage réellement les dossiers, c'est la qualité de la démonstration de valeur locative : des références de locations réellement conclues sur des locaux comparables, rapportées au mètre carré pondéré, ajustées des différences de configuration et de bail ; des facteurs locaux de commercialité documentés (flux, locomotives, transformations urbaines datées) ; une pondération des surfaces conforme aux usages. Un rapport d'expertise conforme au Red Book RICS et à la Charte de l'expertise transforme une prétention en position défendable — en négociation, dans le mémoire, puis face à l'expert judiciaire.
Côté bailleur, l'expertise sert avant la demande : vérifier que l'écart loyer/marché justifie la procédure, calibrer le loyer demandé, documenter la modification des facteurs locaux si l'on vise le dépassement du plafond. Côté preneur, elle sert à contester : discuter les références adverses, faire valoir les caractéristiques réelles du local et du bail, chiffrer une baisse lorsque le marché a décroché. Dans les deux cas, nos relevés de valeurs locatives constatées illustrent la matière première : des transactions, pas des annonces.
Un mot de calendrier : la révision triennale se prépare avant l'échéance — notification comprise —, et le renouvellement bien plus tôt encore. L'expertise en valeur locative se conduit en deux à quatre semaines : la faire réaliser avant de notifier (ou dès réception d'une demande adverse) coûte moins cher qu'un contentieux mal engagé. Fourchettes d'honoraires sur notre page prix d'une expertise immobilière.
Réal Group intervient pour les bailleurs, les preneurs et leurs conseils sur l'ensemble du territoire : expertise de valeur locative avant une demande de révision, contre-analyse d'une demande reçue, appui au mémoire devant le juge des loyers, dires face à l'expert judiciaire. Premier échange en visioconférence, visite systématique du local, devis gratuit sous 24 h.
Pour la mécanique complète du loyer de renouvellement — le rendez-vous des neuf ans —, voyez notre guide du déplafonnement ; pour la notion qui gouverne tout, le pilier valeur locative commerciale.
Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.
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