Guillaume Thériez
Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.
Au renouvellement, le loyer doit en principe correspondre à la valeur locative — mais le plafonnement le retient à la variation de l'indice. Le déplafonnement, c'est la clé qui libère (ou menace) le loyer. Ce guide passe en revue les cas qui l'ouvrent, la façon dont il se prouve — ou se conteste — et le lissage qui l'encadre. Avec le regard de l'expert qui chiffre, pas seulement du juriste qui cite.
Le déplafonnement permet de fixer le loyer d'un bail commercial renouvelé à sa valeur locative réelle, sans la limite de variation de l'indice. Il s'ouvre principalement en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité, de changement de destination, de travaux importants, ou lorsque le bail a duré plus de douze ans. Depuis la loi Pinel, la hausse reste lissée à 10 % par an.
À l'expiration d'un bail commercial de neuf ans, le preneur a droit au renouvellement et le loyer du bail renouvelé doit, selon l'article L145-33 du Code de commerce, correspondre à la valeur locative. Mais l'article L145-34 tempère aussitôt : sauf exceptions, la variation du loyer ne peut excéder celle de l'indice (ILC ou ILAT) sur la durée écoulée du bail. C'est le plafonnement — une protection du preneur contre les rattrapages brutaux, qui maintient de nombreux loyers très en dessous du marché, parfois pendant des décennies.
Le déplafonnement est l'ensemble des situations où ce plafond saute et où le loyer peut être fixé à la valeur locative pleine. L'enjeu financier est souvent considérable : sur un local dont le loyer a décroché de 30 ou 40 % du marché, le déplafonnement au renouvellement représente des dizaines de milliers d'euros sur la durée du bail — dans un sens comme dans l'autre. C'est le contentieux le plus âpre du statut des baux commerciaux, et celui où la preuve technique pèse le plus lourd.
Depuis la loi Pinel du 18 juin 2014, même déplafonné, le loyer ne peut augmenter de plus de 10 % du loyer acquitté l'année précédente, par an — le « lissage » qui étale le rattrapage sur plusieurs années. Un point souvent découvert trop tard par les bailleurs… et une bouée méconnue des preneurs. La notion qui gouverne tout reste la valeur locative commerciale : sans elle chiffrée, ni le principe ni le montant du déplafonnement ne se plaident.
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Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.
Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.
Quatre familles de cas — certaines automatiques, d'autres à démontrer pied à pied.
Bail conclu pour plus de neuf ans : déplafonnement de plein droit au renouvellement. Bail de neuf ans qui, par tacite prolongation, a duré plus de douze ans : déplafonnement également — c'est le piège classique du preneur qui laisse filer le terme sans demander le renouvellement, et l'aubaine symétrique du bailleur patient.
Le cas de bataille : une modification notable des caractéristiques du local, de la destination, des obligations des parties ou des facteurs locaux de commercialité, survenue pendant le bail expiré. Tramway, piétonisation, locomotive commerciale, transformation du quartier — mais aussi travaux d'agrandissement ou déspécialisation. La modification doit être concrète, datée, et apprécier in concreto : les juges rejettent les évolutions diffuses du marché.
Deux régimes propres qui échappent par nature au plafonnement : les locaux monovalents — construits en vue d'une seule utilisation (hôtels, cliniques, cinémas…) —, dont le loyer suit les usages de la branche, et les locaux à usage exclusif de bureaux, évalués par référence aux prix pratiqués pour des locaux équivalents (articles R145-10 et R145-11).
Quand le déplafonnement joue, la hausse reste étalée : +10 % du loyer de l'année précédente, par an, jusqu'à atteindre la valeur locative. Sur un rattrapage de 40 %, comptez environ quatre ans. Les parties peuvent néanmoins y déroger conventionnellement dans certains montages — un point à manier avec conseil.
Symétrie utile : tout ce qui précède se plaide aussi en défense. Un preneur peut contester la réalité de la « modification notable », son lien avec la commercialité effective du local, ou le chiffrage de la valeur locative avancée. Le déplafonnement n'est pas un droit du bailleur : c'est un débat de preuve.
La « modification notable des facteurs locaux de commercialité » ne se constate pas à l'œil nu devant le tribunal : elle se documente. Flux piétons avant/après, chronologie des ouvertures d'enseignes et des équipements structurants, évolution du linéaire commercial, données de fréquentation des transports — puis, surtout, la traduction chiffrée : en quoi ces évolutions ont-elles modifié la valeur locative du local considéré ? Un dossier de déplafonnement solide est un rapport d'expertise : références locatives au mètre carré pondéré, analyse de commercialité datée, valeur locative conclue selon les critères de l'article L145-33.
Côté preneur, le même outil sert à l'inverse : montrer que la modification invoquée est antérieure au bail, étrangère à la commercialité réelle de l'axe, ou sans effet démontré sur la valeur locative ; discuter les références adverses (locaux non comparables, loyers « purs » mélangés à des loyers avec droit au bail décapitalisé) ; et chiffrer le lissage pour ramener la discussion à sa réalité économique. Nos relevés publics de valeurs locatives constatées montrent le niveau de granularité qu'exige ce débat : la valeur change de tronçon en tronçon.
Le calendrier, enfin : le déplafonnement se joue souvent des années avant le renouvellement — c'est pendant le bail que les preuves se constituent (états des lieux de commercialité, référencements de transactions). Bailleur qui anticipe un renouvellement en 2027, preneur qui redoute une demande : dans les deux cas, l'expertise en amont coûte une fraction du contentieux. Notre guide de la révision du loyer couvre l'autre versant — la vie triennale du bail — et notre page expert judiciaire immobilier le déroulé si l'affaire va au juge.
Réal Group intervient pour les bailleurs (démonstration du déplafonnement, chiffrage de la valeur locative pleine) comme pour les preneurs (contestation, contre-analyse, chiffrage du lissage), en amiable, en appui de mémoire et face à l'expert judiciaire. Premier échange en visioconférence, visite du local et analyse de commercialité sur place, devis gratuit sous 24 h.
La notion mère est détaillée sur le pilier valeur locative commerciale ; l'issue extrême — le refus de renouvellement — sur la page indemnité d'éviction.
Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.
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