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Les facteurs locaux de commercialité : ce qui compte vraiment

  • Article R145-6 du Code de commerce
  • Modification notable et modification matérielle
  • Flux piétons, desserte et stationnement
  • Enseignes locomotives et vacance commerciale
  • Preuve par comparaison temporelle

Flux, desserte, stationnement, enseignes locomotives, travaux d'urbanisme : ce que recouvre l'article R145-6, ce qui constitue une modification notable, et comment on l'établit par la preuve plutôt que par l'impression.

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Article R145-6 du Code de commerce

Que recouvrent les facteurs locaux de commercialité ?

Les facteurs locaux de commercialité désignent, au sens de l'article R145-6 du Code de commerce, ce qui fait la valeur commerciale d'un emplacement : importance de la ville, du quartier et de la rue, lieu d'implantation, répartition des activités voisines, moyens de transport, attrait ou sujétions du site. Leur modification notable au cours du bail expiré est l'un des rares motifs de déplafonnement du loyer.

Dans un contentieux de loyer commercial, presque tout se joue sur une phrase : les facteurs locaux de commercialité ont-ils changé, et de manière notable ? L'article R145-6 du Code de commerce en donne une définition large — l'importance de la ville, du quartier ou de la rue, le lieu d'implantation, la répartition des diverses activités dans le voisinage, les moyens de transport, l'attrait particulier ou les sujétions que présente l'emplacement pour l'activité considérée — et précise que comptent les modifications de ces éléments, durables ou provisoires. Cette largeur est un piège. Elle laisse croire que tout argument est recevable, alors que seul est retenu ce qui est mesuré, daté et comparé à un état antérieur documenté.

L'enjeu est financier et il est asymétrique. Au renouvellement, le principe demeure le plafonnement à la variation de l'ILC ou de l'ILAT ; le déplafonnement du loyer commercial ne peut être obtenu que si l'un des éléments mentionnés aux 1° à 4° de l'article L145-33 a subi une modification notable au cours du bail expiré. Les facteurs locaux sont, en pratique, le motif le plus souvent invoqué et le plus souvent écarté : le plus facile à alléguer, le plus difficile à démontrer. Depuis la loi Pinel, la hausse consécutive au déplafonnement est en outre étalée dans le temps, la variation annuelle ne pouvant excéder 10 % du loyer acquitté l'année précédente : l'effet est lissé, pas supprimé.

C'est donc un sujet de preuve avant d'être un sujet de droit. Une expertise de valeur locative sérieuse ne décrit pas un quartier « en plein essor » : elle oppose deux états datés du même périmètre, documente les flux, la desserte, le stationnement, la vacance et la composition de l'offre commerciale, puis traduit l'écart en euros par mètre carré pondéré. Réal Group conduit cette démonstration à partir de son observatoire des loyers commerciaux — trois artères marchandes suivies, relevés mis à jour chaque mois — et d'une base de 2 094 actifs expertisés depuis 2011, qui fournit la profondeur historique sans laquelle aucune comparaison temporelle n'est possible.

Voir aussi le cas des locaux monovalents.

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Nos appartenances
Chambre des Experts Immobiliers de France Royal Institution of Chartered Surveyors Institut Français de l'Expertise Immobilière Groupe ABC

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Guillaume Thériez
L'expert de référence

Guillaume Thériez

Président de Réal Group Administrateur du Groupe ABC

Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.

Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.

Appartenance, diplôme & enseignement
  • DU Expertise Judiciaire - Université de Bordeaux, Faculté de droit et science politique
  • Membre de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS)
  • Membre de l’Institut Français de l’Expertise Immobilière (IFEI)
  • Membre de la Chambre des Experts FNAIM (CEIF)
  • Enseignant Économie immobilière au CNAM Nouvelle-Aquitaine ICH Bordeaux
Le contenu de la notion

Quels facteurs locaux de commercialité analyse-t-on réellement ?

Ce que l'article R145-6 range dans les facteurs locaux

L'article R145-6 du Code de commerce énumère les éléments dont dépendent les facteurs locaux de commercialité : l'importance de la ville, du quartier ou de la rue, le lieu d'implantation, la répartition des diverses activités dans le voisinage, les moyens de transport, l'attrait particulier ou les sujétions que présente l'emplacement pour l'activité considérée, ainsi que les modifications que ces éléments subissent d'une manière durable ou provisoire. Deux précisions commandent tout le reste. D'abord, l'appréciation se fait pour le commerce considéré : un facteur favorable à la restauration peut être défavorable à un commerce de gros. Ensuite, le texte vise le voisinage immédiat, pas l'agglomération : une dynamique métropolitaine générale ne fait pas la commercialité d'une rue. C'est la première erreur des mémoires en déplafonnement.

Flux, desserte et stationnement : la part mesurable

Le flux piéton est le socle. Il se mesure — comptages horodatés sur plusieurs jours types, distinction semaine/samedi, sens de circulation, taux d'arrêt en vitrine — et ne s'apprécie pas au jugé. À côté, la desserte pèse par le nombre de lignes, la fréquence, la distance réelle à pied jusqu'à l'entrée du local et l'existence d'un obstacle de cheminement. Le stationnement est le paramètre le plus sous-estimé : la suppression durable de places de courte durée à proximité affecte les commerces d'achat pondéreux bien plus que la moyenne de la rue. Ces trois séries n'ont de valeur que datées et comparées à un état antérieur documenté ; un relevé unique, si précis soit-il, ne prouve aucune modification.

Locomotives, vacance et recomposition du tissu commercial

La répartition des activités voisines s'analyse par le relevé exhaustif des rez-de-chaussée sur un linéaire pertinent : nature de chaque activité, enseigne nationale ou indépendant, local vacant, local transformé en logement ou en bureau. L'arrivée ou le départ d'une enseigne locomotive déplace le flux d'attraction et se répercute par contagion sur les cellules situées entre la locomotive et les autres pôles. La vacance est l'indicateur le plus lisible en défaveur du bailleur : au-delà d'un certain seuil, elle traduit une perte de commercialité que la seule variation d'indice ne compense pas. Notre observatoire des loyers commerciaux — trois artères marchandes suivies, mise à jour mensuelle — sert précisément à dater ces bascules.

Urbanisme et travaux : la commercialité fabriquée par la décision publique

Piétonnisation, mise à sens unique, création d'une station de transport, requalification d'un axe, livraison d'un programme mixte, transfert d'un équipement public générateur de flux : la puissance publique déplace la valeur commerciale plus vite que le marché. Ces décisions ont un avantage probatoire décisif — elles sont datées et opposables : délibérations, arrêtés, permis, dates de mise en service. Elles ne suffisent pourtant jamais seules. Un aménagement annoncé n'est pas un aménagement réalisé, et un aménagement réalisé n'est pas un aménagement favorable au commerce exploité. Le raisonnement va toujours de la décision publique à son effet mesuré sur le local, jamais l'inverse.

NOTRE MÉTHODE

Notre méthode, étape par étape

1

Fixer les deux bornes temporelles

Rien ne peut être démontré sans dates. On identifie la date de prise d'effet du bail expiré, ou la dernière date à laquelle le loyer a été fixé à la valeur locative, et la date d'effet du renouvellement ou de la révision demandée. Tout élément antérieur à la première borne est inopérant : il a déjà été intégré dans le loyer en vigueur. Cette étape, apparemment triviale, élimine à elle seule une grande partie des arguments habituellement produits dans les mémoires.

2

Constituer le faisceau de preuves objectives

Relevé exhaustif des rez-de-chaussée sur un linéaire justifié, aux deux dates : activité, enseigne, vacance, changement de destination. Comptages piétons horodatés sur plusieurs jours types. Inventaire de la desserte et du stationnement. Collecte des actes publics datés : délibérations, arrêtés de circulation, permis de construire, mises en service. Chaque pièce est sourcée et vérifiable par la partie adverse. Les données de notre observatoire des loyers commerciaux fournissent la série de valeurs de marché nécessaire à la comparaison.

3

Traduire l'évolution en valeur locative

Le juge ne fixe pas un loyer à partir d'un constat de flux : il fixe une valeur locative. L'expert convertit donc le faisceau en euros par mètre carré pondéré, en s'appuyant sur des références de transactions locatives comparables, correctement pondérées et redressées des différences de surface, de linéaire de vitrine et de configuration. C'est à ce stade que la modification prend, ou non, un caractère notable : un changement réel mais sans effet chiffrable sur la valeur ne déplafonne pas.

4

Restituer un rapport opposable

Le rapport expose la méthode avant les conclusions, distingue ce qui est mesuré de ce qui est apprécié, et assume les éléments défavorables à la partie qui l'a mandaté — c'est ce qui lui donne sa force devant le juge des loyers commerciaux. Il est signé par un expert membre de la RICS, sous la responsabilité de Guillaume Thériez, MRICS, et rédigé pour être produit en l'état en expertise judiciaire, en commission départementale de conciliation ou en négociation amiable.

Cas concrets

Dans quels cas la commercialité a-t-elle vraiment changé ?

Six situations que nous rencontrons régulièrement en expertise, avec ce qui fait basculer le dossier du côté de la démonstration ou du côté de l'allégation.

Une rue marchande passe en zone piétonne

C'est le cas d'école, et le plus discuté. La piétonnisation supprime la desserte automobile et le stationnement minute mais augmente le temps de station et le flux de promenade. L'effet n'est ni automatique ni uniforme : il est positif pour l'équipement de la personne, la restauration et les enseignes d'achat plaisir, souvent négatif pour les commerces d'achat pondéreux, les services à rendez-vous et les activités dépendant de la livraison. L'expert ne conclut donc pas depuis l'arrêté municipal : il compare les flux avant et après aménagement, la vacance de l'artère, et le déplacement des valeurs locatives de part et d'autre du périmètre piétonnisé.

Une locomotive nationale s'installe à cent mètres

L'arrivée d'une enseigne d'attraction, d'un magasin alimentaire de centre-ville ou d'un pôle de restauration modifie le parcours d'achat de toute une portion de rue. Le point à démontrer n'est pas l'ouverture — elle est publique — mais l'effet de report de flux sur le local considéré. Une locomotive installée du mauvais côté d'un carrefour, ou dont l'entrée principale donne sur une autre voie, peut ne rien apporter, voire capter la clientèle. La démonstration repose sur la géométrie réelle du flux : sens de circulation piétonne, positionnement des accès, effet de coupure d'une traversée.

Le départ d'une locomotive vide l'artère

La commercialité se dégrade aussi, et c'est un argument du preneur. Fermeture d'une grande surface d'attraction, transfert d'un marché, départ d'un cinéma ou d'un équipement public générateur de flux : la conséquence se lit dans la vacance commerciale et la baisse de gamme de l'offre. Un taux de locaux vacants qui passe d'un niveau résiduel à un niveau à deux chiffres sur une même artère, associé au remplacement d'enseignes nationales par des activités de report, constitue un faisceau solide. Encore faut-il l'avoir relevé, adresse par adresse, aux deux dates utiles.

Une station de transport ouvre à proximité

Une nouvelle station de tramway, de métro ou un pôle d'échange multimodal relève directement des moyens de transport visés par l'article R145-6. L'effet est réel mais très rapidement décroissant avec la distance et dépendant de la sortie utilisée : un local situé du côté opposé aux flux sortants ne bénéficie pas du même apport. L'analyse combine les comptages de fréquentation publiés par l'exploitant, le relevé des cheminements piétons réels et l'évolution des loyers constatés sur le tronçon desservi, comparés à un tronçon témoin non desservi.

Des travaux de voirie durent plusieurs années

Un chantier long — requalification d'axe, ouvrage souterrain, réfection de réseaux — pose la question de la modification provisoire, que l'article R145-6 vise expressément au même titre que la modification durable. Un chantier de six mois relève de la gêne d'exploitation ; un chantier de trois ans qui recompose durablement les usages, supprime définitivement des places de stationnement et détourne les flux relève des facteurs locaux. La frontière se trace sur la durée résiduelle et le caractère irréversible de l'aménagement final, pas sur la seule pénibilité subie pendant les travaux.

Le quartier change de fonction

Tertiarisation d'un secteur résidentiel, livraison de plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux, transformation d'une friche en programme mixte, ou à l'inverse départ d'administrations : la répartition des diverses activités dans le voisinage est un élément légal à part entière. Le changement de population de jour modifie la clientèle captive, les horaires de chalandise et donc la hiérarchie des activités rentables. La preuve se construit sur les autorisations d'urbanisme délivrées, les livraisons effectives datées et l'évolution mesurée de la composition commerciale de la rue.

RÉAL GROUP

Nos engagements sur l'analyse de commercialité

VOS INTERLOCUTEURS

Une équipe disponible

Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.

Président — Expert immobilier RICS

Guillaume Thériez

Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.

Supervision et signature des rapports d'expertise Interlocuteur des dossiers judiciaires, bancaires et institutionnels
Expert immobilier

Amandine Charpentier

Amandine accompagne le pôle Expertise avec un profil juridique et immobilier solide, renforcé par une formation spécialisée en droit de l'immobilier et en estimations de biens, ainsi qu'une expérience acquise au sein de structures immobilières et du GIE Groupe ABC.

Qualification des besoins d'expertise et cadrage des premiers échanges Interface métier pour préparer le dossier et fluidifier le lancement de mission
Expert immobilier

Nathan Papot

Nathan accompagne le pôle Expertise dans l'analyse des dossiers, la structuration des informations marché et la préparation des éléments utiles aux missions d'évaluation menées par l'équipe.

Analyse immobilière et préparation des éléments d'étude Structuration des données utiles à la mission et appui aux dossiers d'expertise
Assistante de direction

Jihane Lamnaouer

Jihane pilote la coordination administrative, commerciale et comptable du service, tout en assurant la relation avec les prestataires et la bonne circulation des informations entre les équipes et les clients.

Suivi administratif et coordination opérationnelle des demandes Relation prestataires, organisation interne et fluidité du parcours client
Engagements professionnels

Une expertise reconnue par les institutions qui font la profession

Real Group est membre des trois institutions de référence de l'expertise en évaluation immobilière, en France et à l'international. Pour nos clients, cette appartenance est un gage concret : des rapports reconnus par les banques, opposables aux juridictions, et alignés sur les meilleures pratiques mondiales.

RICS

Royal Institution of Chartered Surveyors

La référence mondiale de l'expertise immobilière depuis 1868, présente dans 146 pays. Être régulé par la RICS, c'est s'engager sur ses standards éthiques et méthodologiques : un cadre exigeant qui rend nos rapports immédiatement reconnus par les banques, les institutions financières et les juridictions, en France comme à l'international.

Référence internationale

IFEI

Institut Français de l'Expertise Immobilière

Depuis 1979, l'IFEI fédère les experts français les plus exigeants et pilote la Charte de l'Expertise en évaluation immobilière, référentiel partagé par toute la profession. Notre adhésion à l'IFEI traduit l'engagement de Real Group dans la production active des standards qui régissent notre métier en France.

Standards français

CEIF

Chambre des Experts Immobiliers de France

La CEIF rassemble les experts immobiliers indépendants attachés à une déontologie stricte et à une formation continue rigoureuse. Real Group y adhère pour garantir aux donneurs d'ordre la rigueur, l'indépendance et la transparence qui font la valeur d'une expertise opposable et la réputation de la profession.

Indépendance & déontologie
VOS QUESTIONS

Questions fréquentes sur les facteurs locaux de commercialité

Une modification notable est un changement objectif, extérieur au local, intervenu au cours du bail expiré, suffisamment significatif pour avoir déplacé la valeur locative du secteur. Trois conditions se cumulent en pratique : le changement doit être postérieur à la date d'effet du bail précédent, il doit affecter le voisinage immédiat et non l'agglomération en général, et il doit avoir un effet favorable au commerce effectivement exploité. Un facteur qui a évolué sans conséquence sur l'activité considérée n'est pas notable au sens de l'article L145-34.
Non. Une hausse de fréquentation, prise isolément et affirmée sans mesure, ne suffit jamais. La jurisprudence admet couramment que la démonstration repose sur un faisceau d'éléments convergents et datés, et non sur un indicateur unique. Une fréquentation en hausse peut d'ailleurs être neutre pour le commerce concerné : un flux de passage plus dense mais moins qualifié, ou circulant sur le trottoir opposé, n'améliore pas la valeur locative du local. Il faut relier la variation de flux à un fait générateur identifié et à un effet mesurable sur le potentiel commercial de l'activité exercée.
Par comparaison temporelle. On fige deux dates — celle de la prise d'effet du bail expiré et celle du renouvellement demandé — et on documente le même périmètre aux deux dates : relevé des activités en rez-de-chaussée, taux de vacance, comptages piétons, desserte et stationnement, décisions d'urbanisme intervenues entre les deux. On y ajoute l'évolution des loyers de marché constatés sur l'artère, comparée à un secteur témoin non affecté. C'est cette structure avant/après, chiffrée et sourcée, qui emporte la conviction du juge des loyers commerciaux, et non l'accumulation de descriptions qualitatives.
Oui, le mécanisme joue dans les deux sens. Le preneur peut invoquer une perte de commercialité — départ d'une locomotive, montée de la vacance, suppression durable de la desserte ou du stationnement — à l'appui d'une révision du loyer d'un bail commercial à la baisse, ou pour s'opposer au déplafonnement demandé par le bailleur. La charge de la preuve pèse alors sur lui, avec la même exigence de mesure et de datation. En pratique, ces dossiers aboutissent quand la dégradation est massive et documentée par un relevé de vacance sur plusieurs années, rarement sur une impression de déclin.
La différence tient à deux mots du Code de commerce. En révision triennale, l'article L145-38 n'écarte le plafonnement indiciaire que si est rapportée la preuve d'une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant entraîné par elle-même une variation de plus de 10 % de la valeur locative : le critère est strict, quantifié, et impose d'isoler la cause de son effet. Au renouvellement, l'article L145-34 vise une modification notable des éléments mentionnés aux 1° à 4° de l'article L145-33, sans seuil chiffré. On ne transpose donc pas un raisonnement de révision dans un dossier de renouvellement.
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