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La décote pour occupation : de combien un bien loué vaut-il moins qu'un bien libre ?

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  • valeur d'un bien vendu occupé
  • murs commerciaux loués
  • occupation sans titre

Un logement vendu occupé, des murs commerciaux loués, un occupant sans titre : l'abattement n'a rien d'automatique. Ce qui le commande, ce qu'il vaut réellement, et comment il se justifie dans un rapport opposable.

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Valeur libre, valeur occupée

Qu'est-ce que la décote pour occupation d'un bien loué ?

La décote pour occupation est l'abattement appliqué à la valeur libre d'un bien pour tenir compte du locataire en place. Son ampleur dépend du régime du bail, de la durée résiduelle et de l'écart entre loyer et valeur locative. Nous l'observons de 8 % en bail d'habitation récent à plus de 50 % sous la loi de 1948, et nulle sur des murs bien loués.

La décote pour occupation désigne l'écart entre ce qu'un bien vaudrait vide et disponible, et ce qu'il vaut avec son locataire en place. Ce n'est ni une pénalité ni un usage : c'est la traduction chiffrée d'une contrainte juridique réelle. L'acquéreur d'un bien occupé n'achète pas un logement, il achète un contrat — avec sa durée, son loyer, ses protections légales et son aléa de sortie. Sur les 2 094 actifs expertisés par Réal Group depuis 2011, l'abattement mesuré s'étage de zéro à plus de la moitié de la valeur libre, selon le seul régime d'occupation. Aucun coefficient forfaitaire ne résiste à cette dispersion.

L'erreur la plus fréquente consiste à appliquer un pourcentage entendu quelque part — « moins 20 %, c'est l'usage » — sans avoir lu le bail. Or deux appartements identiques, même immeuble, même étage, peuvent afficher des valeurs occupées écartées de trente points selon que le locataire relève de la loi du 6 juillet 1989 ou de celle du 1er septembre 1948, selon qu'il reste trois mois ou six ans de bail, selon que le loyer contractuel colle au marché ou s'en écarte de moitié. La décote se démontre bien par bien : elle est le résultat d'un calcul, jamais son point de départ.

Cette question se pose partout où la valeur vénale doit être établie : vente d'un lot occupé, arbitrage d'un patrimoine, partage successoral, déclaration fiscale, apport en société, garantie bancaire. Elle est indissociable de l'expertise en valeur vénale, dont elle constitue un raffinement, et centrale dans l'expertise d'immeuble de rapport, où l'occupation n'est plus un accident mais la substance même de l'actif. Une précision de périmètre : la décote pour occupation n'est pas la décote de démembrement. Un bien grevé d'un usufruit relève d'une autre logique de valorisation, que nous traitons séparément.

Voir aussi l'écart entre valeur et prix de vente.

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Ce que nous clarifions avec vous

Nature de l'actif, contexte d'intervention, usage du rapport et délai attendu : nous cadrons les bons paramètres avant de vous orienter.

  • Cabinet indépendant depuis 2011 et certifié RICS.
  • Acteurs privés, institutionnels, bancaires et judiciaires.
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Nos appartenances
Chambre des Experts Immobiliers de France Royal Institution of Chartered Surveyors Institut Français de l'Expertise Immobilière Groupe ABC

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Guillaume Thériez
L'expert de référence

Guillaume Thériez

Président de Réal Group Administrateur du Groupe ABC

Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.

Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.

Appartenance, diplôme & enseignement
  • DU Expertise Judiciaire - Université de Bordeaux, Faculté de droit et science politique
  • Membre de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS)
  • Membre de l’Institut Français de l’Expertise Immobilière (IFEI)
  • Membre de la Chambre des Experts FNAIM (CEIF)
  • Enseignant Économie immobilière au CNAM Nouvelle-Aquitaine ICH Bordeaux
Les ressorts de l'abattement

Qu'est-ce qui détermine l'ampleur de la décote pour occupation ?

Deux valeurs vénales distinctes, pas un coefficient

Une expertise sérieuse produit toujours deux nombres : la valeur libre, établie par comparaison avec des ventes de biens disponibles, et la valeur occupée, établie sur le marché des biens vendus loués. Ces deux marchés n'ont pas les mêmes acheteurs. Le premier s'adresse à l'occupant futur, financé par un crédit d'acquisition classique et guidé par le coup de cœur. Le second s'adresse à un investisseur qui raisonne rendement, fiscalité et risque locatif. La décote n'est donc pas un rabais consenti sur une valeur unique : c'est l'écart constaté entre deux segments de marché qui ne se recouvrent que partiellement. L'exprimer en pourcentage est commode pour la communication, mais c'est le résultat, jamais la méthode.

Durée résiduelle et écart de loyer : le noyau calculable

La part démontrable de l'abattement s'actualise. Prenez un appartement dont la valeur libre ressort à 250 000 €, loué 800 € par mois quand la valeur locative de marché se situe à 1 000 €. Le manque à gagner atteint 2 400 € par an ; s'il reste quatre ans avant que le bailleur puisse effectivement reprendre ou relouer, la perte actualisée avoisine 9 000 €, soit environ 3,5 % de la valeur libre. Ajoutez le différé de jouissance — l'acquéreur ne dispose du bien qu'au terme — et le coût du risque de non-libération. Ce noyau chiffrable explique rarement plus du tiers de la décote finale : le reste tient à la protection du preneur et à la liquidité du bien à la revente.

Baux d'habitation : de la loi de 1989 à la loi de 1948

Sous la loi du 6 juillet 1989, le bailleur peut délivrer congé pour vendre à l'échéance, avec six mois de préavis en location nue, le locataire bénéficiant d'un droit de préemption. La contrainte est réelle mais bornée dans le temps : nous observons couramment des abattements de 10 à 20 % lorsque le loyer est au marché et la sortie prévisible. Ils grimpent vers 25 à 30 % quand le loyer décroche nettement ou que le locataire est protégé — un preneur âgé aux ressources modestes ne peut se voir donner congé sans proposition de relogement. Sous la loi du 1er septembre 1948, le maintien dans les lieux et le loyer à surface corrigée créent une occupation quasi perpétuelle : les décotes observées dépassent alors fréquemment 40 à 50 %, la valeur se réduisant à un pari démographique.

Murs commerciaux : quand l'occupation cesse d'être une décote

Le raisonnement s'inverse. Des murs commerciaux vides sont un actif à risque : vacance, charges et taxe foncière non répercutées, incertitude sur la recommercialisation. Des murs loués à une enseigne solvable, sous un bail commercial clair et non contesté, valent souvent davantage que les mêmes murs libres, parce qu'ils portent un flux immédiat et capitalisable. L'abattement réapparaît quand le bail devient une charge : loyer nettement supérieur à la valeur locative au sens de l'article L145-33 et des articles R145-3 à R145-10, donc exposé à une révision à la baisse sur le fondement de l'article L145-38 ; preneur fragile ; ou, à l'inverse, loyer figé très en dessous du marché avec un plafonnement de l'article L145-34 qui interdit de le rattraper au renouvellement. S'ajoute, en cas de reprise, le coût potentiel de l'indemnité d'éviction de l'article L145-14.

NOTRE MÉTHODE

Notre méthode, étape par étape

1

Établir d'abord la valeur libre

Aucune décote n'a de sens sans référence. Nous déterminons la valeur du bien supposé libre et disponible, par comparaison avec des mutations récentes ajustées sur l'étage, la surface, l'état et l'exposition. À ce stade, l'occupation est volontairement ignorée : la mélanger au comparatif reviendrait à la compter deux fois. Cette valeur libre est celle qui figurera en tête du rapport, avec sa méthode et ses références.

2

Auditer le titre d'occupation

Bail signé et avenants, date d'effet et échéance, congés délivrés, historique d'indexation, quittancement réel et impayés, dépôt de garantie, conformité du logement aux critères de décence dont dépend l'exigibilité du loyer. Pour un bail commercial, s'ajoutent la destination, la répartition des charges et travaux, la clause d'échelle mobile et l'exposition au déplafonnement. C'est cette lecture — pas une hypothèse de marché — qui fixe la nature et l'horizon de la contrainte.

3

Quantifier par deux voies convergentes

Nous actualisons le manque à gagner sur la durée résiduelle et le différé de jouissance, puis nous confrontons ce résultat à des ventes réellement conclues en état occupé. Pour les actifs de rendement, nous capitalisons les flux nets à un taux tiré du marché, en mobilisant nos données propriétaires : observatoire des loyers commerciaux de Réal Group, barème publié du coefficient d'emplacement, historique de nos 2 094 actifs expertisés depuis 2011. Quand les deux voies divergent, l'écart s'explique dans le rapport.

4

Rendre un avis opposable

Le rapport signé par Guillaume Thériez MRICS énonce la valeur libre, la valeur occupée, le taux d'abattement résultant et l'intégralité des hypothèses qui le fondent, assorties d'une analyse de sensibilité sur les paramètres discutables. Conforme aux standards RICS et à la Charte de l'expertise en évaluation immobilière, il est conçu pour être produit devant un notaire, un juge, un banquier ou l'administration.

Cas par cas

Quelle décote selon le type d'occupation ?

Six situations que nous rencontrons régulièrement en mission, avec les ordres de grandeur que nous y observons — des constats de marché, jamais un barème officiel.

Bail nu loi de 1989, loyer au marché, deux ans restants

C'est le cas le plus favorable au vendeur : le loyer ne pénalise pas le rendement, l'horizon de reprise est court et documenté, le dossier locataire est propre. Nous constatons généralement une fourchette de 8 à 15 %, resserrée vers le bas sur un marché profond où les investisseurs sont nombreux. Un point est trop souvent ignoré à ce stade : la loi de 1989 retarde les congés délivrés par un acquéreur. Le congé pour vendre ne peut produire effet qu'au terme du premier renouvellement du bail en cours, et le congé pour reprise pas avant deux ans à compter de l'acquisition lorsque le terme intervient plus tôt. La date exacte d'échéance et l'historique des congés déplacent donc la valeur de plusieurs points.

Immeuble de rapport mixte, commerce en pied et logements

L'occupation n'est plus un défaut, c'est le produit. La valeur se construit à partir des flux, immeuble analysé lot par lot : baux commerciaux et baux d'habitation ne se capitalisent pas au même taux, et un local commercial vacant en pied d'immeuble pèse plus lourd qu'un studio vide. La décote apparente sur la somme des valeurs libres peut atteindre 20 à 35 %, mais elle n'a pas de sens économique : la bonne lecture est celle d'une capitalisation. C'est précisément l'objet de l'expertise d'immeuble de rapport, qui remplace le raisonnement par abattement par un raisonnement par rendement.

Locataire âgé aux ressources modestes

La loi du 6 juillet 1989 interdit au bailleur de donner congé à un locataire ayant dépassé un certain âge et disposant de ressources modestes sans lui proposer un relogement adapté à proximité, sauf lorsque le bailleur remplit lui-même des conditions d'âge ou de ressources. En pratique, cette obligation rend la reprise très difficile et transforme un bail à durée déterminée en occupation d'horizon indéterminé. L'expert doit alors abandonner l'actualisation sur durée résiduelle au profit d'une approche par flux perpétuel, corrigée d'une probabilité de libération. Les décotes observées se situent couramment entre 25 et 40 %, avec une dispersion forte selon l'âge du preneur et l'écart de loyer.

Logement soumis à la loi du 1er septembre 1948

Le locataire dispose d'un droit au maintien dans les lieux et acquitte un loyer calculé sur la surface corrigée, souvent sans rapport avec la valeur locative de marché — nous avons rencontré des rapports de un à quatre. Le bien ne produit presque rien et ne se libère qu'au départ ou au décès du preneur, sous réserve des droits de transfert au profit de certains proches. Les abattements que nous observons dépassent fréquemment 40 à 50 %, et davantage encore lorsque le logement appelle des travaux lourds qu'aucun rendement ne finance. La valeur relève ici davantage d'une espérance mathématique que d'un calcul de rendement.

Occupant sans droit ni titre

Absence de bail, bail résilié, occupant maintenu après congé : la situation n'est pas une location mais un contentieux. Deux coûts s'additionnent : le délai de récupération, qui se compte en trimestres voire en années entre l'assignation, la décision, le commandement et le concours de la force publique, et l'impossibilité de percevoir un loyer garanti — l'indemnité d'occupation étant due mais rarement recouvrée. S'y ajoutent les frais de procédure, la remise en état et la suspension hivernale des expulsions. Nous retenons dans ces dossiers des abattements généralement compris entre 30 et 50 %, avec provision distincte pour frais de libération.

Bien démembré : usufruit et nue-propriété

Attention à ne pas confondre deux mécanismes. Le nu-propriétaire ne subit pas une décote pour occupation : il détient un droit réel distinct, dont la valeur se déduit de la durée probable de l'usufruit et non de la présence d'un locataire. Les grilles fiscales d'évaluation du démembrement ne valent d'ailleurs pas valeur vénale, et un bien peut cumuler démembrement et location, chaque contrainte s'appliquant à un titulaire différent. Nous traitons ces situations dans un cadre propre, articulé à l'expertise en valeur vénale du bien en pleine propriété, qui reste le point de départ obligé.

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Nos engagements sur l'évaluation d'un bien occupé

VOS INTERLOCUTEURS

Une équipe disponible

Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.

Président — Expert immobilier RICS

Guillaume Thériez

Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.

Supervision et signature des rapports d'expertise Interlocuteur des dossiers judiciaires, bancaires et institutionnels
Expert immobilier

Amandine Charpentier

Amandine accompagne le pôle Expertise avec un profil juridique et immobilier solide, renforcé par une formation spécialisée en droit de l'immobilier et en estimations de biens, ainsi qu'une expérience acquise au sein de structures immobilières et du GIE Groupe ABC.

Qualification des besoins d'expertise et cadrage des premiers échanges Interface métier pour préparer le dossier et fluidifier le lancement de mission
Expert immobilier

Nathan Papot

Nathan accompagne le pôle Expertise dans l'analyse des dossiers, la structuration des informations marché et la préparation des éléments utiles aux missions d'évaluation menées par l'équipe.

Analyse immobilière et préparation des éléments d'étude Structuration des données utiles à la mission et appui aux dossiers d'expertise
Assistante de direction

Jihane Lamnaouer

Jihane pilote la coordination administrative, commerciale et comptable du service, tout en assurant la relation avec les prestataires et la bonne circulation des informations entre les équipes et les clients.

Suivi administratif et coordination opérationnelle des demandes Relation prestataires, organisation interne et fluidité du parcours client
Engagements professionnels

Une expertise reconnue par les institutions qui font la profession

Real Group est membre des trois institutions de référence de l'expertise en évaluation immobilière, en France et à l'international. Pour nos clients, cette appartenance est un gage concret : des rapports reconnus par les banques, opposables aux juridictions, et alignés sur les meilleures pratiques mondiales.

RICS

Royal Institution of Chartered Surveyors

La référence mondiale de l'expertise immobilière depuis 1868, présente dans 146 pays. Être régulé par la RICS, c'est s'engager sur ses standards éthiques et méthodologiques : un cadre exigeant qui rend nos rapports immédiatement reconnus par les banques, les institutions financières et les juridictions, en France comme à l'international.

Référence internationale

IFEI

Institut Français de l'Expertise Immobilière

Depuis 1979, l'IFEI fédère les experts français les plus exigeants et pilote la Charte de l'Expertise en évaluation immobilière, référentiel partagé par toute la profession. Notre adhésion à l'IFEI traduit l'engagement de Real Group dans la production active des standards qui régissent notre métier en France.

Standards français

CEIF

Chambre des Experts Immobiliers de France

La CEIF rassemble les experts immobiliers indépendants attachés à une déontologie stricte et à une formation continue rigoureuse. Real Group y adhère pour garantir aux donneurs d'ordre la rigueur, l'indépendance et la transparence qui font la valeur d'une expertise opposable et la réputation de la profession.

Indépendance & déontologie
VOS QUESTIONS

Décote pour occupation : les questions que l'on nous pose

Aucun pourcentage forfaitaire ne s'impose, et s'en remettre à un chiffre entendu est la première source d'erreur. L'abattement dépend du régime du bail, de la durée restant à courir, de l'écart entre loyer contractuel et valeur locative, du profil du locataire et de la profondeur du marché des acquéreurs investisseurs. Sur nos missions, la dispersion observée va de 8 % pour un bail d'habitation récent proche de son terme à plus de 50 % sous la loi du 1er septembre 1948. Ce sont des ordres de grandeur constatés, pas un barème : chaque valeur se démontre à partir du bail lui-même.
Oui, dans l'immense majorité des cas, et pour une raison structurelle : il change de marché. Un logement vide s'adresse aux occupants futurs, largement majoritaires parmi les acquéreurs et prêts à payer une prime affective ; un logement occupé ne s'adresse qu'aux investisseurs, moins nombreux, qui raisonnent en rendement net et intègrent l'aléa de sortie. Le délai de commercialisation s'allonge, le nombre d'offres se réduit, le prix suit. L'exception concerne les actifs dont la vocation est locative — immeubles de rapport, murs commerciaux — où un bon locataire ajoute de la valeur au lieu d'en retirer.
En partant de la valeur libre, jamais de l'inverse. On établit d'abord ce que vaudrait le bien disponible, par comparaison avec des ventes récentes. On lit ensuite le bail pour identifier la contrainte : échéance réelle, protections légales, écart de loyer. On actualise le manque à gagner et le différé de jouissance sur la durée résiduelle, puis on confronte le résultat à des mutations réellement conclues en état occupé. Pour un actif de rendement, on capitalise en parallèle les flux nets. La décote finale est l'écart constaté entre les deux valeurs, expliqué et non postulé.
Rarement, et parfois l'inverse. Des murs loués à une enseigne solvable produisent un flux immédiat que des murs vides ne produisent pas : ils se valorisent par capitalisation et peuvent dépasser la valeur des mêmes locaux libres. L'abattement réapparaît quand le bail devient une charge — loyer supérieur à la valeur locative de l'article L145-33 et donc exposé à une révision à la baisse, preneur fragile, destination trop étroite — ou quand un loyer très inférieur au marché reste bloqué par le plafonnement de l'article L145-34. La perspective d'une indemnité d'éviction en cas de reprise pèse également.
Oui dans son principe : l'occupation est un élément de fait qui affecte la valeur vénale d'un bien, et elle est prise en compte aussi bien en matière de droits de succession ou de donation qu'au titre de l'impôt sur la fortune immobilière. Mais l'abattement doit être justifié bien par bien, par le contrat et par des références de marché comparables, et non par l'application d'un pourcentage standard. C'est précisément ce que produit un rapport d'expertise argumenté : une valeur documentée, opposable, qui résiste à un contrôle parce qu'elle explique chacun de ses paramètres.
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