Guillaume Thériez
Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et du SEEIF (ex-CEIF), Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.
SERVICE EXPERTISE
La surface pondérée ramène chaque partie d'un local commercial à l'équivalent de sa meilleure surface de vente. La méthode, les grilles de la Charte de l'expertise par type de commerce, et un calculateur dont chaque coefficient se règle.
La surface pondérée d'un commerce ramène chaque partie du local à l'équivalent de sa meilleure surface de vente : on multiplie la surface de chaque zone par un coefficient, 1 pour les premiers mètres derrière la vitrine, moins pour le fond du magasin, les réserves, le sous-sol ou l'étage. Elle sert à comparer loyers et prix au mètre carré.
Un local commercial se loue et se vend rarement au mètre carré brut. Deux boutiques de 100 m² n'ont pas la même valeur si l'une s'étire en profondeur et que l'autre offre une large vitrine, ou si la moitié de la surface est au sous-sol. La pondération corrige ces écarts : elle convertit les surfaces réelles, zone par zone, en une surface de référence, exprimée en mètres carrés pondérés (m² P).
La méthode suit la Charte de l'expertise en évaluation immobilière (6e édition, novembre 2025), qui publie une grille de coefficients pour chaque format de commerce : boutique de centre-ville, moyenne surface, centre commercial, grand magasin, périphérie. Elle s'établit à partir de la surface utile brute, découpée en zones selon leur intérêt commercial.
Cette page explique pourquoi et comment pondérer, reproduit les fourchettes de la Charte, montre l'usage de la surface pondérée dans le calcul d'un loyer ou d'une valeur, et propose un calculateur dont chaque coefficient se règle.
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Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.
Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.
Dans une boutique, les premiers mètres derrière la vitrine font l'essentiel des ventes ; le fond du magasin, la réserve ou le sous-sol beaucoup moins. Additionner ces surfaces telles quelles reviendrait à payer le même prix pour un mètre carré sur rue et pour un mètre carré de stockage. La pondération ramène chaque partie du local, selon son intérêt commercial, à l'équivalent de la meilleure surface de vente.
La valeur locative d'un local commercial s'apprécie notamment d'après ses caractéristiques (article L145-33 du Code de commerce), parmi lesquelles sa surface, la commodité de son accès et « l'importance des surfaces respectivement affectées à la réception du public, à l'exploitation ou à chacune des activités diverses » (article R145-3). Les prix du voisinage se comparent « par unité de surfaces » (article R145-7) : la surface pondérée rend ces comparaisons possibles.
La Charte de l'expertise en évaluation immobilière publie des grilles de pondération par type de commerce, communes aux experts amiables, aux experts de justice et aux commercialisateurs. Sa 6e édition, parue en novembre 2025, les met à jour. Ce sont des préconisations : l'expert peut s'en écarter, à condition de justifier le coefficient qu'il retient.
Selon la Charte, les coefficients reposent sur des critères strictement immobiliers ; la plus ou moins bonne adaptation du local à l'activité se traduit dans le prix unitaire retenu, pas dans la surface. Les coefficients tiennent compte de ce que le bail et les autorisations administratives permettent, et non du choix fait par le locataire.
En centre-ville, la Charte retient la surface utile brute : la surface de plancher moins les éléments structuraux (poteaux, murs porteurs, cloisons non amovibles), ou la surface de plancher si le bail le prévoit. En centre commercial et en périphérie, la GLA. Les surfaces couvertes non closes sont comptées, pas les emprises d'escalier.
Pour une boutique, la surface de vente du rez-de-chaussée se découpe en bandes de profondeur depuis la vitrine : 0 à 5 m, 5 à 10 m, 10 à 20 m, au-delà ; s'y ajoutent l'éventuelle zone d'angle, les annexes, puis chaque niveau. Les moyennes et grandes surfaces ne sont pas découpées en profondeur.
Chaque zone est multipliée par son coefficient, choisi dans la fourchette de la Charte selon le linéaire de façade, la configuration et l'accès. Une surface de moins de 1,80 m de hauteur peut être retenue avec un coefficient adapté ; la partie habitation se valorise à part.
La somme donne la surface pondérée, exprimée en mètres carrés pondérés (m² P). C'est elle qui se multiplie par un prix unitaire de marché, ou qui divise un loyer pour le comparer à d'autres.
Exemple. Une boutique de 6 m de façade sur 15 m de profondeur, sans angle, avec une réserve de 20 m² au sous-sol reliée au magasin, soit 110 m² réels. Zone de 0 à 5 m : 30 m² × 1,00 = 30 ; de 5 à 10 m : 30 m² × 0,80 à 1,00 = 24 à 30 ; de 10 à 15 m : 30 m² × 0,40 à 0,60 = 12 à 18 ; réserve : 20 m² × 0,15 à 0,25 = 3 à 5. Surface pondérée : de 69 à 83 m² P selon les coefficients retenus, soit 76 m² P au milieu des fourchettes. Le calculateur ci-dessous reprend cet exemple.
Boutique de centre-ville, moyenne surface, centre commercial, grand magasin, périphérie : une grille par format.
La boutique de centre-ville, jusqu'à 600 m². C'est le cas le plus courant, et celui où la profondeur pèse le plus. La zone d'angle correspond à un triangle de 5 m de côté ; le coefficient de la deuxième zone s'adapte au linéaire de façade et à la configuration.
| Niveau | Zone | Coefficient |
|---|---|---|
| Rez-de-chaussée | Zone d'angle (triangle de 5 m de côté), selon l'effet vitrine | 1,10 à 1,30 |
| 1re zone de vente : 5 premiers mètres depuis la vitrine | 1,00 | |
| 2e zone de vente : de 5 à 10 m de la vitrine | 0,80 à 1,00 | |
| 3e zone de vente : de 10 à 20 m | 0,40 à 0,60 | |
| 4e zone de vente : au-delà de 20 m | 0,25 à 0,35 | |
| Annexes : réserves, locaux sociaux et techniques | 0,10 à 0,40 | |
| 1er sous-sol | Zone de vente reliée | 0,30 à 0,40 |
| Annexes reliées | 0,15 à 0,25 | |
| Annexes non reliées | 0,10 à 0,15 | |
| 1er étage | Zone de vente de 5 m sur façade (effet bandeau) | 0,50 |
| Zone de vente hors effet bandeau | 0,30 à 0,40 | |
| Mezzanine | 0,30 à 0,40 | |
| Annexes reliées | 0,15 à 0,30 | |
| 2e étage | Zone de vente | 0,20 à 0,30 |
| Annexes reliées | 0,10 à 0,15 | |
| 3e étage et suivants | Toutes surfaces confondues | 0,10 |
Les cas particuliers de la boutique. Une partie habitation se valorise toujours séparément : sa valeur locative se détermine par comparaison avec des logements analogues, corrigée de son intégration au local commercial (article R145-4 du Code de commerce). Une banque ou une agence de voyages exploitée dans une boutique se pondère sur la base boutique. Les locaux techniques se comptent avec les annexes.
Les autres formats. Au-delà de 600 m², en galerie ou en périphérie, la logique change : moins de zones, une surface de référence souvent exprimée en GLA, et des coefficients propres aux étages et au terrain.
| Type de local | Ce qui change | Coefficients clés |
|---|---|---|
| Moyenne surface, de 600 à 3 000 m² | La surface de vente du rez-de-chaussée n'est pas découpée en zones de profondeur. | Vente au rez-de-chaussée 1,00 ; annexes 0,20 à 0,30 ; vente au 1er sous-sol 0,40 ; vente au 1er étage 0,40 à 0,50 ; au 2e étage 0,30 ; au-delà 0,20 |
| Centre commercial, galerie marchande, gare, aéroport | On retient la GLA, ou la surface de plancher dans le silence du bail, sans zones au niveau du mail. | Niveau mail 1,00 ; 1er étage accessible par le mail 1,00, par la seule boutique 0,50 ; mezzanine structurelle 0,40 |
| Grand magasin, plus de 3 000 m² | Méthode simplifiée : toute la surface de vente est comptée à 1, quel que soit le niveau. | Surface de vente 1,00 ; réserves, locaux techniques et dégagements 0,10 |
| Local de périphérie, retail park | On retient la GLA, ou la surface de plancher dans le silence du bail ; le terrain exploité est aussi pondéré. | Rez-de-chaussée 1,00 ; annexes reliées 0,20 à 0,30 ; vente au 1er étage 0,50 ; aires de vente couvertes 0,30, découvertes 0,20 ; réserves découvertes 0,10 |
Le prix au mètre carré pondéré s'obtient en divisant le loyer annuel, hors taxes et hors charges, par la surface pondérée. C'est l'unité dans laquelle se comparent les références d'un même secteur : la valeur locative d'un local se déduit ensuite de sa surface pondérée multipliée par le prix unitaire retenu. Deux locaux au même loyer peuvent ainsi afficher des prix pondérés très différents, selon leur profondeur et leurs niveaux.
Une référence ne vaut que pondérée de la même façon. Comparer un loyer rapporté à la surface réelle d'un local avec un loyer rapporté à la surface pondérée d'un autre fausse tout le raisonnement. Le Code de commerce demande d'ailleurs de corriger les références des différences entre le local loué et les locaux de comparaison (article R145-7). Notre observatoire des valeurs locatives des commerces à Bordeaux exprime ses fourchettes en mètres carrés pondérés.
Les moments où la surface pondérée décide du loyer. Au renouvellement du bail, lors d'un déplafonnement ou d'une révision, la surface pondérée fixe la base sur laquelle s'applique le prix unitaire. Elle intervient aussi dans l'évaluation du droit au bail, de l'indemnité d'éviction et des murs commerciaux libres.
À ne pas confondre avec la surface pondérée fiscale. En fiscalité locale, la valeur locative cadastrale des locaux d'habitation repose sur une autre « surface pondérée », calculée selon les articles 324 L à 324 V de l'annexe III du Code général des impôts : surface réelle corrigée, dépendances, équivalences pour les éléments de confort (CGI, annexe III). Elle sert à la taxe foncière et ne se compare pas à la surface pondérée de marché d'un commerce.
Choisissez le type de local, saisissez la surface de chaque zone : le calculateur applique les fourchettes de la Charte de l'expertise et vous laisse ajuster chaque coefficient.
| Zone | Surface (m²) | Fourchette de la Charte | Coefficient retenu | m² pondérés |
|---|
Saisissez un loyer annuel pour l'obtenir.
Quelques coefficients suffisent à déplacer le loyer : la surface pondérée se discute dès qu'un loyer ou une valeur se fixe.
Le débat porte aussi sur la surface à laquelle s'applique le prix unitaire : profondeur prise en compte, réserves, étage. Un mesurage contradictoire et une pondération motivée évitent de discuter sur des bases différentes.
Lorsque le loyer est fixé en justice, l'expert désigné mesure les lieux et propose une pondération ; chaque partie peut la discuter, références à l'appui. Disposer de sa propre analyse avant l'expertise judiciaire permet de la discuter utilement. Voir la contre-expertise immobilière.
La valeur d'un droit au bail tient à l'écart entre le loyer en place et la valeur locative de marché : une surface pondérée trop généreuse ou trop sévère fausse cet écart, et donc le prix. Voir l'évaluation du droit au bail.
Pour des murs libres, la comparaison avec des ventes de locaux voisins se fait au mètre carré pondéré ; pour des murs loués, la surface pondérée sert à vérifier que le loyer en place est cohérent avec le marché. Voir l'expertise d'un local commercial.
La surface de référence est le plus souvent la GLA, et le bail fixe parfois ses propres règles pour les annexes. L'expert vérifie la surface déclarée, puis applique les coefficients propres à ces formats. Voir l'expertise d'un centre commercial.
Local très profond, en angle, sur plusieurs niveaux, avec des hauteurs réduites ou un accès difficile : les grilles ne suffisent plus et chaque coefficient doit être argumenté. C'est là que la pondération pèse le plus sur la valeur.
Une pondération se discute coefficient par coefficient. Nous mesurons les lieux, découpons les zones et justifions chaque coefficient au regard de la Charte et de la configuration du local, pour que bailleur, preneur ou juge puissent suivre le raisonnement.
Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.
Réal Valuation, le cabinet d'expertise immobilière de Réal Group, est réglementé par la RICS ; son dirigeant, Guillaume Thériez, expert MRICS, est membre de la RICS, de l'IFEI et du SEEIF (ex-CEIF), les trois institutions de référence de l'expertise en évaluation immobilière, en France et à l'international. Pour nos clients, cette appartenance est un gage concret : des rapports reconnus par les banques, motivés et vérifiables devant les juridictions, et alignés sur les meilleures pratiques mondiales.
La référence mondiale de l'expertise immobilière depuis 1868, présente dans 146 pays. Être membre de la RICS, c'est s'engager sur ses standards éthiques et méthodologiques : un cadre exigeant, connu des banques, des institutions financières et des juridictions, en France comme à l'international.
Référence internationale
Depuis 1979, l'IFEI fédère les experts français les plus exigeants et pilote la Charte de l'Expertise en évaluation immobilière, référentiel partagé par toute la profession. Notre adhésion à l'IFEI traduit l'engagement de Réal Valuation dans la production active des standards qui régissent notre métier en France.
Standards français
Le SEEIF (ex-CEIF) rassemble les experts immobiliers indépendants attachés à une déontologie stricte et à une formation continue rigoureuse. Réal Valuation y adhère pour garantir aux donneurs d'ordre la rigueur, l'indépendance et la transparence qui font la valeur d'une expertise motivée et la réputation de la profession.
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