Vincent Devauchelle
Vincent dirige le service gestion de Réal Group et fait partie de l'équipe résidentielle de l'agence. C'est votre contact pour les arbitrages liés à votre patrimoine.
Réal Group · Agence immobilière
Viager occupé ou libre, bouquet payé comptant et rente versée à vie, impôt sur la rente et sur la plus-value, risques pour le vendeur et pour l'acheteur, rôle du notaire : voici comment fonctionne la vente en viager, texte à l'appui. Réal Group, agence immobilière à Bordeaux, vous donne un avis de valeur gratuit de votre bien.
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Vendre en viager, c'est céder son logement contre une rente que l'acheteur, le débirentier, verse à vie au vendeur, le crédirentier, souvent avec une somme payée comptant à la signature, le bouquet. En viager occupé, le vendeur garde jusqu'à son décès l'usufruit ou un droit d'usage du logement ; en viager libre, l'acheteur en dispose dès la vente ; dans les deux cas, la rente est due quelle que soit la durée de la vie du vendeur, et l'acte est signé chez un notaire.
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« La rente viagère peut être constituée à titre onéreux, moyennant une somme d'argent, ou pour une chose mobilière appréciable, ou pour un immeuble » (Code civil, article 1968). Vendre en viager, c'est céder un bien immobilier en échange de cette rente, mensuelle, trimestrielle ou annuelle, qui peut s'accompagner d'une somme payée comptant à la signature, le bouquet ; l'acheteur est le débirentier, le vendeur le crédirentier (fiche Service Public F2762).
Le Code civil range la rente viagère parmi les contrats aléatoires, au titre XII de son livre III. Le débirentier ne peut pas se libérer en offrant de rembourser le capital : il sert la rente pendant toute la vie de la personne sur la tête de laquelle elle a été constituée, « quelle que soit la durée de la vie de ces personnes » (article 1979). Au décès du crédirentier, le viager cesse et le débirentier entre en possession du bien sans aucune démarche (F2762).
La rente « peut être constituée sur une ou plusieurs têtes » (article 1972) : quand plusieurs vendeurs la perçoivent et que l'un décède, elle est soit reversée en entier au survivant, la rente réversible, soit réduite en proportion, la rente réductible (F2762).
Avec un viager occupé, le vendeur conserve jusqu'à son décès l'usufruit ou un droit d'usage du bien vendu ; avec un viager libre, l'acheteur l'utilise librement dès la signature de la vente (F2762). Le choix commande l'occupation du logement, la répartition des charges et les loyers que chacun peut percevoir.
| Viager occupé | Viager libre | |
|---|---|---|
| Qui occupe le logement | Le vendeur, jusqu'à son décès : avec l'usufruit, il peut l'habiter ou le louer et en percevoir les loyers ; avec un droit d'usage, il l'habite sans pouvoir le louer | L'acheteur, dès la signature de la vente : il l'occupe ou le loue et en perçoit les loyers |
| Entretien et réparations | Répartis par l'acte de vente ; à défaut de précision, notamment l'entretien courant et l'énergie au vendeur, les grosses réparations à l'acheteur | Les charges, l'entretien courant et toutes les réparations à l'acheteur |
| Au décès du vendeur | Le viager cesse ; l'acheteur entre en possession du bien sans démarche | Le viager cesse ; l'acheteur, déjà en possession, ne verse plus la rente |
La taxe foncière est établie au nom du propriétaire, sauf usufruit : le vendeur qui se réserve l'usufruit y est imposé (Code général des impôts, article 1400 ; BOFiP, BOI-IF-TFB-10-20-20, § 10). S'il ne garde que le droit d'usage et d'habitation, l'acheteur en est le redevable légal, mais le vendeur lui en doit la part qui correspond à sa jouissance (même BOFiP, § 90 et 100).
Une autre voie, sans rente : vendre la seule nue-propriété de son logement contre un prix payé comptant, en gardant l'usufruit, « le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété, comme le propriétaire lui-même » (Code civil, article 578). Sa fiscalité est vue plus bas.
Le prix est généralement constitué d'un bouquet et d'une rente viagère (F2762). « La rente viagère peut être constituée au taux qu'il plaît aux parties contractantes de fixer » (Code civil, article 1976).
Le bouquet, payé comptant à la signature, n'est pas obligatoire et se fixe librement ; selon Service Public, il représente en général 30 % de la valeur totale du bien, et son montant compte parmi les critères d'estimation de la rente (F2762).
La rente se verse au début ou à la fin de chaque mois, trimestre ou année ; sa valeur totale est incertaine, car elle dépend de la durée de vie du vendeur (F2762). Elle n'est acquise au crédirentier « que dans la proportion du nombre de jours qu'il a vécu », sauf si elle est payable d'avance (article 1980). Une clause d'indexation peut en réviser le montant automatiquement, par exemple selon l'indice des prix à la consommation publié par l'Insee (F2762).
« Les rentes viagères constituées à titre onéreux ne sont considérées comme un revenu, pour l'application de l'impôt sur le revenu dû par le crédirentier, que pour une fraction de leur montant », déterminée d'après son âge lors de l'entrée en jouissance de la rente (Code général des impôts, article 158, 6). Pour une rente à jouissance immédiate servie en contrepartie de la vente d'un bien, cette date est celle du contrat (BOFiP, BOI-RSA-PENS-30-20, § 20).
| Âge du crédirentier à l'entrée en jouissance de la rente | Part de la rente imposable |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % |
| Plus de 69 ans | 30 % |
La fraction est fixée l'année où la rente entre en service, puis ne change plus ; pour une rente réversible entre époux, l'administration retient en principe l'âge de l'aîné à l'entrée en jouissance, sauf règle plus favorable (même BOFiP, § 40 et 70). Cette fraction supporte aussi les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (code de la sécurité sociale, article L136-6, I, b) : 18,6 % dans le cas général, dont 10,6 % de contribution sociale généralisée (article L136-8, I, 2° ; F2329). Le bouquet n'est pas un revenu (F2762).
La vente relève de l'impôt sur la plus-value immobilière. « Lorsqu'un bien est cédé contre une rente viagère, le prix de cession retenu pour ce bien est la valeur en capital de la rente, à l'exclusion des intérêts » (article 150 VA, I), éventuellement augmentée de la part du prix payée comptant (BOFiP, BOI-RFPI-PVI-20-10-10, § 90). L'imposition est établie en totalité pour l'année de la vente, quelles que soient ses modalités de paiement (F10864). La plus-value peut être exonérée, notamment si le logement vendu est votre résidence principale (F2762) ; la vente de la seule nue-propriété ou du seul usufruit d'un logement détenu jusque-là en pleine propriété y ouvre droit, toutes conditions étant par ailleurs remplies (BOFiP, BOI-RFPI-PVI-10-40-10, § 90). Voir notre guide de la plus-value immobilière.
Le viager repose sur un aléa, la durée de la vie du vendeur ; le Code civil et les clauses de l'acte en encadrent les risques.
« Le seul défaut de paiement des arrérages de la rente » ne permet pas au vendeur de reprendre son bien : il peut seulement saisir et faire vendre les biens de l'acheteur, et faire réserver sur le prix une somme suffisante pour le service de la rente (article 1978). Une clause résolutoire lui permet de le reprendre si plusieurs rentes ne sont plus versées ; une clause pénale, de garder le bouquet (F2762).
La rente est fixée à la signature et se verse pendant des années. Les parties peuvent prévoir dans l'acte une clause d'indexation, qui en révise automatiquement le montant selon un indice, par exemple l'indice des prix à la consommation publié par l'Insee (F2762).
Le contrat ne produit aucun effet si la personne sur la tête de laquelle la rente est créée était déjà morte au jour du contrat, ni si elle était atteinte de la maladie dont elle est décédée dans les vingt jours de cette date (articles 1974 et 1975). Le décès du vendeur doit rester imprévisible : l'acheteur ne doit pas avoir connu sa maladie à la signature (F2762).
L'acheteur sert la rente toute la vie du vendeur, « quelque onéreux qu'ait pu devenir le service de la rente » (article 1979). À l'inverse, si le vendeur décède tôt, la rente s'arrête : elle ne lui est acquise que dans la proportion des jours qu'il a vécu (article 1980).
Le notaire intervient du calcul de la rente à la signature de l'acte authentique.
La rente s'estime notamment d'après la valeur du bien, l'âge et l'espérance de vie du crédirentier, le montant du bouquet et les loyers qu'il pourrait percevoir si le logement était loué (F2762).
Le notaire calcule le montant de la rente en fonction de barèmes, consultables auprès d'une compagnie d'assurance ou d'un notaire (F2762).
L'acte fixe notamment la forme du viager, la rente réversible ou réductible, son indexation, les clauses résolutoire et pénale et la répartition des charges (F2762) ; si l'acheteur ne donne pas les sûretés que l'acte stipule, le vendeur peut demander la résiliation du contrat (article 1977).
Comme pour toute vente d'un bien immobilier, l'acte authentique est obligatoirement établi par un notaire (F2762) ; l'impôt sur la plus-value éventuel est établi en totalité pour l'année de la vente (F10864).
La rente entre chaque année dans le revenu imposable du crédirentier, pour une fraction fixée selon son âge à l'entrée en jouissance (Code général des impôts, article 158, 6).
Comme pour tout achat d'un logement, l'acquéreur non professionnel peut se rétracter dans les dix jours qui suivent la notification de la promesse ou du compromis (code de la construction et de l'habitation, article L271-1) : voir notre guide du compromis de vente.
Textes consultés le 31 octobre 2026, dans leur version en vigueur à cette date. Ce guide informe ; il ne remplace pas le conseil de votre notaire sur une vente précise.
En viager occupé, le vendeur garde jusqu'à son décès l'usufruit ou un droit d'usage du logement ; en viager libre, l'acheteur l'occupe ou le loue dès la signature (F2762).
Non : il est facultatif et se fixe librement ; Service Public indique qu'il représente en général 30 % de la valeur totale du bien (F2762).
Une fraction seulement entre dans le revenu imposable : 70 % si le crédirentier a moins de 50 ans à l'entrée en jouissance de la rente, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % au-delà (CGI, article 158, 6). Elle supporte aussi les prélèvements sociaux, 18,6 % dans le cas général (F2329).
Le contrat ne produit aucun effet si le vendeur était atteint de la maladie dont il est décédé dans les vingt jours de la date du contrat (Code civil, article 1975). Au-delà de ce délai, le décès doit rester imprévisible : l'acheteur ne doit pas avoir connu, à la signature, la maladie dont le vendeur était atteint (F2762). Hors ces cas, la rente cesse au décès : c'est l'aléa du viager, et elle n'est acquise qu'au prorata des jours vécus (article 1980).
Non : il « ne peut se libérer du paiement de la rente, en offrant de rembourser le capital » ; il la sert toute la vie du crédirentier (Code civil, article 1979).
Oui : comme pour toute vente d'un bien immobilier, l'acte authentique est obligatoirement établi par un notaire, qui calcule aussi la rente à partir de barèmes (F2762).
Demandez votre avis de valeur : un conseiller de l'agence vous rappelle pour parler de votre bien et de sa valeur.
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