Louis Vacher · Immobilier commercial
Bail dérogatoire (bail précaire) : tester un local jusqu'à trois ans, sans glisser dans un bail de neuf ans
Tester un emplacement, ouvrir une boutique éphémère, louer votre local le temps d'un projet : le bail dérogatoire le permet pour trois ans au plus, à condition d'éviter les pièges qui en font un bail de neuf ans. Louis Vacher, spécialiste de l'immobilier commercial à Bordeaux depuis 1930, met en relation bailleurs et commerçants, et négocie le bail pour vous.
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Qu'est-ce qu'un bail dérogatoire, et quand devient-il un bail commercial ?
Le bail dérogatoire, souvent appelé bail précaire, est un bail de local commercial conclu pour trois ans au plus, baux successifs compris, qui échappe au statut des baux commerciaux : le locataire n'a ni droit au renouvellement ni indemnité d'éviction ; mais s'il reste dans les lieux plus d'un mois après le terme sans que le bailleur s'y oppose, il bénéficie d'un bail commercial de neuf ans.
- Le bail dérogatoire dure trois ans au plus, en un ou plusieurs baux ; ensuite, plus de nouveau bail dérogatoire pour le même fonds dans les mêmes locaux.
- Il se conclut à l'entrée dans les lieux, par écrit, avec la volonté claire des deux parties d'écarter le statut des baux commerciaux.
- Il prend fin au terme sans congé ; le bailleur qui veut récupérer son local doit se manifester au plus tard un mois après le terme.
- Un état des lieux contradictoire est obligatoire à l'entrée du locataire dans les lieux et à sa sortie.
- La convention d'occupation précaire est un autre contrat, qui suppose des circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties.
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Un emplacement à tester, un local à louer pour une courte durée ou un bail à négocier à Bordeaux : indiquez votre projet et vos coordonnées, un conseiller de Louis Vacher vous rappelle.
Ce que nous faisons pour vous
Bailleur ou commerçant, nous partons de votre projet et de son calendrier, puis nous vous mettons en relation et négocions avec vous le bail qui lui convient, jusqu'à la signature.
- Louis Vacher, spécialiste de l'immobilier commercial à Bordeaux depuis 1930.
- Locaux à louer, droits au bail, fonds de commerce et murs, à Bordeaux, dans la métropole et en Gironde.
- Louis Vacher est la marque de Réal Group pour l'immobilier commercial.
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Bail dérogatoire, bail précaire, bail de courte durée : un seul contrat
Les trois expressions désignent le même contrat : un bail de local commercial par lequel les parties dérogent, lors de l'entrée dans les lieux du locataire, au statut des baux commerciaux, à condition que la durée totale du bail ou des baux successifs ne dépasse pas trois ans (article L145-5 du Code de commerce). Le Code parle de bail « dérogeant aux dispositions du présent chapitre » ; l'administration le présente comme le « bail dérogatoire (ou de courte durée) », également appelé bail précaire (fiche Entreprendre Service Public « Bail dérogatoire »).
Le « bail précaire » d'un logement est une autre chose : ce guide ne traite que des locaux où est exploité un commerce, une industrie ou un artisanat.
À quelles conditions ?
- À l'entrée dans les lieux : la dérogation se décide quand le locataire s'installe, pas en cours de bail commercial (article L145-5).
- Par écrit, avec une volonté claire des deux parties d'écarter le statut des baux commerciaux (fiche Entreprendre Service Public).
- Trois ans au plus au total : il n'y a pas de durée minimale, et plusieurs baux successifs sont possibles tant que leur durée cumulée reste dans cette limite.
Pour le reste, c'est un contrat de louage de droit commun (article 1709 du Code civil) : loyer, charges, activité autorisée et conditions de sortie se négocient librement. Le loyer n'est pas plafonné et peut être indexé (fiche Entreprendre Service Public).
Trois ans au plus, renouvellements compris
La limite de trois ans vaut pour « la durée totale du bail ou des baux successifs ». Un bail d'un an renouvelé deux fois l'atteint ; à l'expiration de cette durée, les parties ne peuvent plus conclure un nouveau bail dérogatoire pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux (article L145-5).
Le statut des baux commerciaux s'applique aussi, au-delà de cette durée, en cas de renouvellement exprès du bail ou de conclusion, entre les mêmes parties, d'un nouveau bail pour le même local. Seule la location à caractère saisonnier échappe à ces deux règles (même article).
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Un ou plusieurs baux dérogatoires, trois ans au total | Hors statut ; fin au terme |
| Nouveau bail dérogatoire après trois ans, même fonds, mêmes locaux | Interdit : c'est un bail commercial |
| Locataire maintenu et laissé dans les lieux plus d'un mois après le terme | Nouveau bail soumis au statut des baux commerciaux |
| Renouvellement exprès ou nouveau bail entre les mêmes parties pour le même local, au-delà de trois ans | Bail soumis au statut |
| Location saisonnière | Les deux règles précédentes ne s'appliquent pas |
Ce que le bail dérogatoire ne donne pas au locataire
Hors statut, le locataire n'a pas les protections du bail commercial : pas de droit au renouvellement au terme, donc pas d'indemnité d'éviction, pas de révision triennale encadrée ni de plafonnement du loyer (fiche Entreprendre Service Public). En contrepartie, il ne s'engage pas pour neuf ans.
Le bail est conclu pour une période ferme : sauf clause de résiliation anticipée prévue au contrat ou accord du bailleur, le locataire qui part avant le terme reste redevable des loyers jusqu'à la fin (fiche Entreprendre Service Public). C'est la première clause à négocier pour une boutique éphémère ou un test d'activité.
La clause résolutoire, s'il y en a une, relève du droit commun des contrats : elle précise les engagements dont l'inexécution entraîne la résolution, et la résolution suppose en principe une mise en demeure restée sans effet (article 1225 du Code civil). Voir aussi la clause résolutoire du bail commercial.
La fin du bail dérogatoire : partir, ou devenir un bail commercial
Un bail écrit cesse de plein droit à l'expiration du terme fixé, sans qu'il soit nécessaire de donner congé (article 1737 du Code civil) : le locataire n'a pas à envoyer de préavis de six mois, il libère les lieux et rend les clés au terme.
Mais si, à l'expiration de la durée, et au plus tard à l'issue d'un délai d'un mois à compter de l'échéance, le locataire reste et est laissé en possession, il s'opère un nouveau bail soumis au statut des baux commerciaux (article L145-5), c'est-à-dire un bail de neuf ans avec congé triennal et droit au renouvellement.
Bailleur : le délai d'un mois
Pour récupérer son local sans créer de bail commercial, le bailleur demande au locataire de partir au plus tard un mois après le terme, par acte de commissaire de justice ou par lettre recommandée avec avis de réception ; s'il ne se manifeste pas dans ce délai, le nouveau bail commercial prend effet dès le lendemain du terme (fiche Entreprendre Service Public « Bail dérogatoire »). Mieux vaut le faire avant l'échéance.
Pour le locataire qui veut rester, la question se règle donc avant le terme : nouveau bail dérogatoire dans la limite des trois ans, ou bail commercial 3-6-9 négocié avec le bailleur.
Un état des lieux à l'entrée et à la sortie
Un état des lieux est établi lors de la prise de possession et lors de la restitution des locaux, contradictoirement et amiablement par les parties ou par un tiers mandaté par elles, et joint au contrat. S'il ne peut pas l'être ainsi, il est établi par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice), à l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié (article L145-5, alinéas 5 et 6).
C'est la pièce qui permettra, à la sortie, de savoir ce qui est dû au titre des réparations : photographiez-la, datez-la, faites-la signer.
Bail dérogatoire ou convention d'occupation précaire ?
La convention d'occupation précaire n'est pas soumise au statut des baux commerciaux, quelle que soit sa durée, lorsque l'occupation des lieux n'est autorisée qu'à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties (article L145-5-1 du Code de commerce) : un immeuble promis à la démolition ou à une opération d'aménagement, par exemple. Sans ces circonstances, elle ne peut pas se réclamer de cette exclusion.
| Bail dérogatoire | Convention d'occupation précaire | |
|---|---|---|
| Texte | Article L145-5 du Code de commerce | Article L145-5-1 du Code de commerce |
| Durée | Trois ans au plus, baux successifs compris | Pas de durée maximale ; liée à la circonstance |
| Justification | La volonté des parties suffit | Des circonstances particulières, indépendantes de leur seule volonté |
| Fin | Au terme ; bail commercial si le locataire reste plus d'un mois | Quand la circonstance prend fin, selon la convention |
| État des lieux | Obligatoire à l'entrée et à la sortie | Selon la convention |
Six pièges à éviter, côté bailleur comme côté locataire
Enchaîner les baux au-delà de trois ans
Le dernier bail devient un bail commercial : faites le compte des baux successifs avant d'en signer un nouveau.
Laisser passer le mois qui suit le terme
Sans demande de départ dans ce délai, le locataire resté dans les lieux obtient un bail commercial.
Signer en cours d'occupation
La dérogation se décide à l'entrée dans les lieux, pas une fois le locataire installé.
Oublier l'état des lieux
Il est obligatoire à l'entrée comme à la sortie, et c'est lui qui dira ce qui est dû au départ.
Parler de « convention précaire » sans motif
Sans circonstance particulière qui la justifie, la location ne peut pas se réclamer de cette exclusion.
Partir avant le terme sans clause
Sans clause de sortie anticipée ni accord du bailleur, les loyers restent dus jusqu'au terme.
Louis Vacher négocie ces clauses pour vous, avec le bailleur ou avec le commerçant, à Bordeaux et dans la métropole : décrivez votre projet, un conseiller vous répond sous 24 h. Voir aussi les locaux commerciaux à louer à Bordeaux.
Les sources officielles de cette page
- Code de commerce, article L145-5 (bail dérogatoire ; version en vigueur depuis le 20/06/2014)
- Code de commerce, article L145-5-1 (convention d'occupation précaire ; version en vigueur depuis le 20/06/2014)
- Code civil, article 1709 (contrat de louage ; en vigueur depuis le 21/03/1804)
- Code civil, article 1225 (clause résolutoire ; version en vigueur depuis le 01/10/2016)
- Code civil, article 1737 (fin du bail écrit au terme ; en vigueur depuis le 21/03/1804)
- Entreprendre Service Public : bail dérogatoire ou bail de courte durée (F32304, fiche vérifiée le 09/06/2026)
Versions en vigueur consultées le 19 octobre 2026. Ce guide informe ; il ne remplace pas le conseil d'un avocat, d'un notaire ou d'un expert-comptable sur un dossier précis.
Vos questions sur le bail dérogatoire
Dans un local commercial, c'est le nom courant du bail dérogatoire : un bail de trois ans au plus, baux successifs compris, conclu à l'entrée dans les lieux et qui échappe au statut des baux commerciaux (article L145-5 du Code de commerce).
Aucune : ce sont deux noms du même contrat. La vraie différence est avec la convention d'occupation précaire, qui n'a pas de durée maximale mais doit être justifiée par des circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties (article L145-5-1).
Oui, dans la limite d'une durée totale de trois ans. Au-delà, les parties ne peuvent plus conclure de nouveau bail dérogatoire pour le même fonds dans les mêmes locaux ; un renouvellement ou un nouveau bail entre elles pour le même local relève alors du statut des baux commerciaux.
Il prend fin de plein droit au terme, sans congé (article 1737 du Code civil). Le bailleur qui veut récupérer le local doit demander au locataire de partir au plus tard un mois après le terme ; avant le terme, le locataire ne peut partir qu'avec l'accord du bailleur ou une clause de résiliation anticipée.
S'il reste et est laissé en possession plus d'un mois après le terme, il s'opère un nouveau bail soumis au statut des baux commerciaux, c'est-à-dire un bail de neuf ans avec droit au renouvellement (article L145-5).
Il n'y en a pas : seule la durée maximale est fixée, trois ans au total. Plusieurs baux courts peuvent se succéder dans cette limite (fiche Entreprendre Service Public « Bail dérogatoire »).
Non : il est fixé librement et n'est pas plafonné ; le bail peut prévoir une indexation, par exemple sur l'indice des loyers commerciaux (fiche Entreprendre Service Public).
Le bail commercial, étape par étape
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