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Rapport des donations : la valeur au jour du partage, l'état au jour de la donation

  • Valeur au partage
  • État à la donation
  • Travaux du donataire
  • Donation-partage figée
  • Expertise rétroactive

Un bien donné il y a vingt ans ne revient pas dans la succession pour sa valeur d'acte : il y revient pour ce qu'il vaut au jour du partage, apprécié d'après son état au jour de la donation. Travaux du donataire, avancement de part ou donation hors part successorale, donation-partage qui fige les valeurs : ce que chaque configuration change sur la somme réellement rapportable.

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Articles 843 et 860 du code civil

Quelle valeur retenir pour le rapport d'une donation à la succession ?

La valeur retenue pour le rapport des donations est celle du bien au jour du partage, appréciée d'après son état au jour de la donation (art. 843 et 860 du code civil). Un bien donné il y a vingt ans revient donc dans la succession à sa valeur actuelle, travaux du donataire neutralisés. La donation-partage, elle, fige les valeurs au jour de l'acte.

Le rapport des donations est le mécanisme qui rétablit l'égalité entre héritiers : celui qui a reçu du défunt une donation en avancement de part successorale en tient compte au moment du partage, comme s'il avait perçu une avance sur sa part. La règle d'évaluation figure aux articles 843 et 860 du code civil, et elle surprend presque toutes les familles : on ne rapporte ni la valeur inscrite dans l'acte de donation, ni la valeur au jour du décès, mais la valeur du bien au jour du partage, appréciée d'après son état à l'époque de la donation. Deux dates, deux objets distincts : le marché d'aujourd'hui appliqué au bien d'hier.

L'écart que produit cette règle est considérable. Prenons un appartement donné 120 000 € en 2005 et qui en vaut 320 000 € aujourd'hui : il n'entre pas dans le partage pour sa valeur d'acte, il y entre pour 320 000 €, et la part successorale du donataire s'en trouve réduite d'autant. À l'inverse, un bien donné au plus haut d'un marché depuis retourné se rapporte pour moins que la valeur portée dans l'acte. Cette mécanique explique une bonne part des blocages que nous rencontrons en expertise immobilière de succession : les cohéritiers découvrent, parfois vingt ans plus tard, que la donation consentie « à la valeur de l'époque » n'a rien figé du tout.

Rétablir cette valeur relève du travail d'expert, non de l'estimation d'agence. Il faut reconstituer l'état du bien à la date de la donation — surface, configuration, équipements, situation locative, environnement urbain — puis l'évaluer au marché du jour du partage, en neutralisant tout ce que le donataire a fait ou laissé faire depuis. La méthode est celle d'une expertise immobilière rétroactive, même lorsque la valeur conclue est actuelle ; elle le devient entièrement lorsque le bien donné a été revendu avant le partage. Réal Group conduit ces missions partout en France sous la signature de Guillaume Thériez, MRICS, à partir d'une base de 2 094 actifs expertisés depuis 2011.

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Chambre des Experts Immobiliers de France Royal Institution of Chartered Surveyors Institut Français de l'Expertise Immobilière Groupe ABC

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Guillaume Thériez
L'expert de référence

Guillaume Thériez

Président de Réal Group Administrateur du Groupe ABC

Architecte DPLG, diplômé de l’ICH Paris et titulaire du DU Expertise Judiciaire délivré par l’Université de Bordeaux (Faculté de droit et science politique), Guillaume Thériez a débuté sa carrière à Paris dans l’investissement et la promotion immobilière avant de rejoindre la société Ad Valorem Expertises, aujourd’hui BPCE Solutions immobilières, comme Directeur Adjoint.

Il a fondé en 2011 la société Réal Valuation avec pour objectif de devenir un cabinet d’expertise de référence dans le Sud-Ouest de la France.

Appartenance, diplôme & enseignement
  • DU Expertise Judiciaire - Université de Bordeaux, Faculté de droit et science politique
  • Membre de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS)
  • Membre de l’Institut Français de l’Expertise Immobilière (IFEI)
  • Membre de la Chambre des Experts FNAIM (CEIF)
  • Enseignant Économie immobilière au CNAM Nouvelle-Aquitaine ICH Bordeaux
La règle et ses exceptions

Comment se calcule la valeur rapportable d'un bien donné ?

Valeur au jour du partage, état au jour de la donation : ce que dit l'article 860

L'article 860 du code civil pose une règle à deux temps : le marché retenu est celui du jour du partage, l'état retenu est celui du bien à l'époque de la donation. On évalue donc aujourd'hui un bien qui n'existe plus tel quel : la maison de 90 m² donnée en 2004, et non les 140 m² qu'elle fait depuis l'extension payée par le donataire. Le rapport se règle en valeur, non en nature : le donataire garde le bien et reçoit d'autant moins dans le partage. Cette double datation distingue radicalement l'exercice d'une estimation de marché ordinaire et commande une expertise de partage successoral documentée pièce par pièce.

Donation en avancement de part ou hors part successorale : ce que la mention change

Tout se joue sur une mention de l'acte. À défaut de stipulation contraire, la donation consentie à un héritier est présumée faite en avancement de part successorale : elle est rapportable, à la valeur du jour du partage. Consentie expressément hors part successorale, elle échappe au rapport — le donataire la conserve en plus de sa part —, mais elle reste réunie fictivement à la masse pour vérifier qu'elle n'entame pas la réserve des autres héritiers, et cette réunion s'apprécie, elle, au jour du décès. Une même libéralité appelle donc parfois deux évaluations à deux dates : c'est le premier point que nous arrêtons dans toute expertise immobilière de donation.

Améliorations, travaux et dégradations : comment le donataire en répond

La règle de l'état au jour de la donation neutralise ce que le donataire a fait du bien, dans les deux sens. Les impenses nécessaires ou utiles qu'il a financées lui ouvrent droit à une indemnité, mesurée non par le montant des factures mais par la plus-value subsistante au jour du partage. Symétriquement, il répond des dégradations résultant de son fait, de sa faute ou de sa négligence, qui ne viennent pas réduire la somme rapportée. En revanche, la plus-value tenant au seul marché, ou au classement du terrain en zone constructible, profite à la masse : elle n'est pas son fait. Chiffrer séparément ces trois composantes est le cœur de la mission.

Donation-partage : pourquoi les valeurs sont figées au jour de l'acte

C'est le point que les familles ignorent presque toujours. La donation-partage n'est pas une donation ordinaire : elle réalise un partage anticipé, les biens attribués ne sont donc pas rapportables, et l'article 1078 du code civil autorise à les retenir pour leur valeur au jour de l'acte. Trois conditions : que tous les héritiers réservataires vivants ou représentés au décès aient reçu un lot, qu'ils l'aient expressément accepté, et qu'aucune réserve d'usufruit ne porte sur une somme d'argent. Réunies, l'enfant dont le lot a triplé garde la plus-value. Manquantes — un enfant né depuis, un lot omis —, on retombe dans le droit commun et l'évaluation se refait.

NOTRE MÉTHODE

Notre méthode, étape par étape

1

Cadrage juridique avec le notaire

Rien ne s'évalue avant d'avoir lu l'acte. Nous récupérons la donation et ses mentions — avancement de part ou hors part, donation-partage, réserve d'usufruit, clause d'évaluation forfaitaire —, la date d'ouverture de la succession et la date de partage envisagée. C'est ce cadrage, arrêté avec le notaire ou l'avocat, qui fixe la ou les dates d'évaluation et l'état du bien à retenir. Une mission engagée sans lui produit un chiffre juste sur une mauvaise question : c'est le premier motif de rejet d'un rapport en réunion de partage.

2

Reconstitution de l'état d'origine

Il faut ensuite reconstruire le bien tel qu'il était à la date de la donation. Photographies datées, plans annexés à l'acte, autorisations d'urbanisme et déclarations d'achèvement, factures d'entreprise, avis de taxe foncière, vues aériennes successives, baux de l'époque : chaque pièce datée fixe une caractéristique. Les interventions du donataire sont listées une par une, puis classées selon qu'elles relèvent de l'entretien, de l'amélioration ou de l'extension. Ce qui ne peut pas être établi devient une réserve écrite, jamais une supposition silencieuse.

3

Double évaluation datée

Nous évaluons alors deux fois. Une première valeur porte sur le bien reconstitué dans son état d'origine, au marché du jour du partage : c'est la somme rapportable. Une seconde porte sur le bien dans son état actuel, à la même date : l'écart mesure la plus-value subsistante imputable au donataire. Comparaison directe pour l'habitation, capitalisation du revenu pour le locatif, chaque terme de comparaison étant tracé avec sa source, sa date, sa surface retenue et son ajustement, de sorte que le calcul puisse être refait ligne à ligne.

4

Rapport chiffré et contradictoire

Le livrable énonce la règle appliquée, les dates retenues et leur justification, les deux valeurs, l'indemnité de plus-value ou la moins-value imputable au donataire, et les hypothèses qui bornent la conclusion. Il est écrit pour être lu par un notaire, discuté par les conseils de chaque cohéritier et versé aux débats si le partage devient judiciaire. Nous en défendons chaque ligne en réunion contradictoire : c'est là qu'un rapport probant se distingue d'une estimation, et qu'il devient difficile à écarter.

Cas rencontrés en pratique

Six configurations où la valeur rapportable se discute

La règle tient en une phrase ; son application dépend de ce qu'est devenu le bien, de ce qu'en a fait le donataire et de la forme exacte de la libéralité. Voici les six situations que notaires et avocats nous soumettent le plus souvent.

Maison donnée il y a vingt ans, agrandie depuis

Le donataire a créé une extension, refait la toiture et aménagé les combles. La somme rapportée est celle du bien tel qu'il était au jour de la donation, au marché d'aujourd'hui : nous évaluons deux fois, une fois l'existant reconstitué, une fois le bien actuel. L'écart mesure la plus-value subsistante susceptible de lui revenir.

Bien donné puis revendu avant le partage

Lorsque le bien donné a été aliéné avant le partage, c'est la valeur qu'il avait à l'époque de l'aliénation qui est retenue, et non celle du jour du partage. La mission devient une évaluation rétroactive pure : reconstituer le marché d'une année passée, comparables d'époque à l'appui, sans jamais indexer une valeur actuelle.

Somme d'argent donnée pour acheter un bien

Une donation en numéraire se rapporte en principe pour son montant nominal. Mais si la somme a servi à acquérir un immeuble, c'est la valeur de ce bien qui est rapportée, dans les conditions de l'article 860 : le versement de 60 000 € consenti en 2003 pour financer un studio se rapporte au prix de ce studio aujourd'hui.

Nue-propriété donnée avec réserve d'usufruit

Le décès du donateur éteint l'usufruit et reconstitue la pleine propriété entre les mains du donataire. La date d'évaluation reste celle du partage, mais l'assiette retenue — nue-propriété seule ou pleine propriété — se discute et doit être arrêtée avec le notaire. Notre évaluation de l'usufruit et de la nue-propriété chiffre les deux hypothèses.

Donation-partage incomplète ou contestée

Un enfant né après l'acte, un héritier non alloti, un lot accepté sans mention expresse : une seule condition manquante suffit à faire tomber le gel des valeurs. Les biens sont alors réévalués selon le droit commun, ce qui rouvre l'ensemble des comptes quinze ou vingt ans plus tard. Nous produisons dans ce cas les deux jeux de valeurs.

Parts de SCI données aux enfants

Le rapport porte sur les parts, non sur l'immeuble : il faut évaluer la société au jour du partage, d'après sa consistance à la date de la donation, puis appliquer les correctifs propres aux titres non cotés. Un immeuble loué détenu en SCI appelle en outre une décote d'occupation documentée.

RÉAL GROUP

Nos engagements sur l'évaluation d'un bien donné

VOS INTERLOCUTEURS

Une équipe disponible

Avant le devis ou la mission, Guillaume, Amandine, Nathan et Jihane assurent un suivi fluide de votre demande, de la qualification du besoin jusqu'à la coordination administrative.

Président — Expert immobilier RICS

Guillaume Thériez

Fondateur de Réal Valuation, membre de la RICS, de l'IFEI et de la Chambre des Experts FNAIM, Guillaume supervise l'ensemble des missions d'expertise du cabinet et intervient sur les dossiers à enjeux dans toute la France.

Supervision et signature des rapports d'expertise Interlocuteur des dossiers judiciaires, bancaires et institutionnels
Expert immobilier

Amandine Charpentier

Amandine accompagne le pôle Expertise avec un profil juridique et immobilier solide, renforcé par une formation spécialisée en droit de l'immobilier et en estimations de biens, ainsi qu'une expérience acquise au sein de structures immobilières et du GIE Groupe ABC.

Qualification des besoins d'expertise et cadrage des premiers échanges Interface métier pour préparer le dossier et fluidifier le lancement de mission
Expert immobilier

Nathan Papot

Nathan accompagne le pôle Expertise dans l'analyse des dossiers, la structuration des informations marché et la préparation des éléments utiles aux missions d'évaluation menées par l'équipe.

Analyse immobilière et préparation des éléments d'étude Structuration des données utiles à la mission et appui aux dossiers d'expertise
Assistante de direction

Jihane Lamnaouer

Jihane pilote la coordination administrative, commerciale et comptable du service, tout en assurant la relation avec les prestataires et la bonne circulation des informations entre les équipes et les clients.

Suivi administratif et coordination opérationnelle des demandes Relation prestataires, organisation interne et fluidité du parcours client
Engagements professionnels

Une expertise reconnue par les institutions qui font la profession

Real Group est membre des trois institutions de référence de l'expertise en évaluation immobilière, en France et à l'international. Pour nos clients, cette appartenance est un gage concret : des rapports reconnus par les banques, opposables aux juridictions, et alignés sur les meilleures pratiques mondiales.

RICS

Royal Institution of Chartered Surveyors

La référence mondiale de l'expertise immobilière depuis 1868, présente dans 146 pays. Être régulé par la RICS, c'est s'engager sur ses standards éthiques et méthodologiques : un cadre exigeant qui rend nos rapports immédiatement reconnus par les banques, les institutions financières et les juridictions, en France comme à l'international.

Référence internationale

IFEI

Institut Français de l'Expertise Immobilière

Depuis 1979, l'IFEI fédère les experts français les plus exigeants et pilote la Charte de l'Expertise en évaluation immobilière, référentiel partagé par toute la profession. Notre adhésion à l'IFEI traduit l'engagement de Real Group dans la production active des standards qui régissent notre métier en France.

Standards français

CEIF

Chambre des Experts Immobiliers de France

La CEIF rassemble les experts immobiliers indépendants attachés à une déontologie stricte et à une formation continue rigoureuse. Real Group y adhère pour garantir aux donneurs d'ordre la rigueur, l'indépendance et la transparence qui font la valeur d'une expertise opposable et la réputation de la profession.

Indépendance & déontologie
VOS QUESTIONS

Questions fréquentes sur le rapport des donations

Non. La donation-partage réalise un partage anticipé : les biens attribués ne sont pas rapportables, contrairement à une donation simple faite en avancement de part. Mieux, l'article 1078 du code civil permet de retenir leur valeur au jour de l'acte pour l'imputation et le calcul de la réserve, à trois conditions : tous les héritiers réservataires vivants ou représentés au décès ont reçu un lot, ils l'ont expressément accepté, et aucune réserve d'usufruit ne porte sur une somme d'argent. Si l'une manque — un enfant né après l'acte, par exemple —, le gel tombe et les biens sont réévalués selon le droit commun.
En deux temps. On reconstitue d'abord l'état du bien à la date de la donation à partir de pièces datées : acte et plans annexés, photographies, autorisations d'urbanisme, factures de travaux, vues aériennes, baux de l'époque. On évalue ensuite ce bien reconstitué au marché du jour du partage, avec des comparables actuels ajustés. L'exercice n'est pas une estimation d'agence : il suppose une méthode traçable et des sources vérifiables, parce que le chiffre sera discuté par des cohéritiers dont les intérêts sont opposés. Ce qui ne peut être établi s'écrit comme réserve, il ne se devine pas.
La valeur retenue devient celle du bien à l'époque de son aliénation, et non celle du jour du partage. Si le prix a été remployé dans un nouveau bien, c'est la valeur de ce bien au jour du partage, d'après son état lors de l'acquisition, qui est prise en compte ; une dépréciation inéluctable en raison de la nature du bien acquis fait écarter cette subrogation. Concrètement, la mission bascule vers une évaluation rétroactive datée : reconstituer le marché de l'année de la vente exige des comparables d'époque, et non une indexation appliquée à une valeur actuelle.
Non, et c'est tout l'intérêt de la règle de l'état au jour de la donation. L'extension, la surélévation ou la rénovation lourde qu'il a financées ne gonflent pas la somme qu'il doit rapporter : le bien est évalué tel qu'il était lors de la donation. Les impenses nécessaires ou utiles lui ouvrent en outre droit à une indemnité, mesurée par la plus-value qui subsiste au jour du partage et non par le montant des factures. À l'inverse, il répond des dégradations dues à son fait ou à sa négligence. L'entretien courant, lui, ne donne lieu à aucun compte.
Oui. L'article 860 du code civil réserve la stipulation contraire : l'acte peut prévoir que le rapport sera dû d'une valeur forfaitaire, souvent celle du jour de la donation. La clause emporte un effet que peu de donateurs anticipent : si la valeur ainsi rapportée est inférieure à celle qui résulterait des règles de calcul de la réserve, l'écart s'analyse en avantage indirect acquis hors part successorale, imputable sur la quotité disponible et réductible s'il l'excède. La clause déplace donc le débat, elle ne le supprime pas : une évaluation motivée reste nécessaire.
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