Méthode du coefficient d'emplacement. Référence des experts fonciers, elle applique la formule DAB = (VLM − loyer de référence) × coefficient d'emplacement, où le loyer de référence est le loyer en cours (plafonné) ou le loyer de renouvellement lorsqu'un déplafonnement est fondé. Le coefficient traduit la commercialité de l'axe : de l'ordre de 3 à 4 sur un emplacement médiocre (flux limités, tissu hétérogène), 4,5 à 5,5 sur un bon emplacement (flux réguliers, enseignes présentes), 6 à 7 sur les rues n°1 et 1bis (flux forts, notoriété, rareté). Rapide, cette méthode reste sensible au choix du coefficient : sur axe prime, au-delà d'environ 1 000 €/m²/an de VLM, le droit au bail se constitue même avec de faibles écarts VLM/loyer.
Méthode par comparaison. Elle recoupe la valeur avec des cessions comparables (même axe, surfaces pondérées, clauses proches). Pour remonter une VLM à partir d'une cession, on retient VLM (€/m²/an) = (loyer annuel à la date de cession + 10 % × prix de cession du DAB) / surface pondérée. Les mesures d'accompagnement (franchise, loyer progressif) doivent y être neutralisées afin de raisonner en loyer économique plutôt qu'en loyer facial.
Méthode de l'économie de loyer actualisée. Lorsque le loyer en place est inférieur à la VLM, le droit au bail correspond à la valeur actuelle des économies futures jusqu'au retour à la VLM : DAB = E × [1 − (1 + i)−n] / i, où E est l'économie annuelle (VLM − loyer en place), i le taux d'actualisation cohérent avec le risque et n la durée jusqu'au retour à la VLM ou au déplafonnement. La date de retour à la VLM est l'inconnue clé : bail supérieur à 9 ans, tacite prorogation, facteurs locaux de commercialité, variation d'indexation supérieure à +25 %, déspécialisation acceptée ou travaux modifiant notablement les lieux réduisent chacun le flux d'économie et donc la valeur.
La géographie des rues bordelaises. La rue Sainte-Catherine (n°1 sur sa section la plus fréquentée), le cours de l'Intendance, les allées de Tourny, la place des Grands-Hommes et la rue Porte Dijeaux constituent le socle prime, où la rareté locative soutient des droits au bail substantiels. Les rues Sainte-Catherine sud, Saint-Rémi, Sainte-Colombe et le quartier Notre-Dame (Chartrons) offrent des emplacements bons à secondaires, tandis que les axes de flux comme Gambetta et Judaïque, ou les cellules en périphérie (Mériadeck, Rives d'Arcins, Mérignac Soleil), affichent des droits au bail plus faibles voire nuls. Nous calons systématiquement le coefficient et les comparables sur cette hiérarchie observée, transaction par transaction.